De plus en plus de phénomènes incroyables interpellent les scientifiques et les font réfléchir sur les mystères de la nature.

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Les anneaux de glace qui jalonnent le lac le plus profond du monde pendant la période de grand froid en Sibérie ne sont dus ni à l’activité extraterrestre, ni aux conditions atmosphériques, et encore moins aux bulles de méthane s’échappant du fond de l’étendue d’eau…

Mais alors, d’où peuvent-ils bien provenir ?

Un travail de longue haleine

Une équipe de chercheurs russes, français et mongols viennent de résoudre l’énigme de la création de cercles gelés dans le lac Baïkal, connu pour être le plus profond au monde.

Pour cela, ils ont effectué un forage de trous dans la glace près de ces anneaux pour y jeter des capteurs. Leur étude, menée pendant deux ans, est décrite dans un article publié dans la revue Limnology and Oceanography.

Ce phénomène a commencé à intéresser les scientifiques il y a au moins une vingtaine d’années, notamment lorsqu’ils ont constaté que les cercles étaient si grands qu’ils ne pouvaient être vus que depuis des avions ou des satellites.

On pensait, au début, qu’ils étaient dus à la formation des bulles de méthane, mais aucun gisement n’avait été retrouvé sous le lac.

Par ailleurs, les données recensées par les capteurs ont montré que ce dernier abritait des tourbillons chauds sous sa couverture de gel (plus chauds que l’eau environnante).

Elles ont également expliqué la présence de glace épaisse au centre des anneaux par le fait que les courants n’y étaient pas assez forts contrairement au bord où le givre était nettement plus mince.

D’après les capteurs et les images satellites infrarouges, les tourbillons se formaient toujours en automne, avant que l’eau ne gèle, aidés par les vents soufflant dans la baie voisine de Barguzin.

anneaux de glace
Vue satellite.
Modis/NASA

Des anneaux impressionnants 

Selon les informations que l’on a pu récolter, ces fameux cercles de glace sont de différentes tailles et ont été observés à divers endroits. Cependant, ils ont tous un trait commun : un centre lumineux entouré d’un halo sombre.

Pendant les expéditions antérieures, les experts avaient réussi à en savoir plus sur leur diamètre, qui allait de 5 à 7 kilomètres, ainsi que sur leur durée de vie qui variait entre quelques jours et plusieurs mois. 

Les résultats ont aussi révélé que ces « aréoles » avaient déjà été observées dans le lac Hovsgol en Mongolie, mais également dans le lac russe Teletskoye.

Si l’on est certains que ces anneaux se produisent dans la plupart des lacs profonds qui gèlent pendant l’hiver, on ignore comment prévenir les accidents parfois mortels qu’ils peuvent entraîner. 

Le chercheur principal Alexei Kouraev, Professeur adjoint au Laboratoire d’études en géophysique spatiale et océanographie de l’Université de Toulouse, affirme que les cercles sont difficiles à voir au niveau du sol, car ils sont recouverts de glace, ce qui peut être dangereux pour les conducteurs traversant le lac gelé à bord de leurs véhicules.


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