Les études ont démontré que la phase la plus sensible d’une vie est celle de l’enfance (et de l’adolescence), et ce n’est pas pour rien. 

Durant cette période, la personnalité de l’individu se forge, et ce, en fonction de différents paramètres tels que l’environnement, l’éducation ou les relations humaines, entre autres.

L’un des facteurs principaux qui entrent en jeu lors du développement psychologique de l’enfant est l’attention que lui portent ses parents.

Tous les spécialistes sont d’accord pour dire que la présence des figures parentales dans le quotidien de l’enfant a un rôle primordial sur le long terme.

En effet, l’impact de leurs comportements sur la vie de leurs enfants n’est pas des moindres. Ce serait même ce qui différencierait un adulte épanoui et sain d’esprit d’une personne qui souffre d’un déséquilibre émotionnel et psychologique.

Afin de comprendre ce phénomène et de l’observer de plus près, le Docteur en psychologie Edward Tronick de l’Université de Harvard a mis au point ce qu’il a appelé « The Still Face Experiment » (« L’expérience du visage figé ») afin de mesurer l’impact de la négligence sur les plus jeunes, puis au long cours. 

négligence
T.Lakota/Unsplash

Un des deux parents doit, dans un premier temps, faire face à son enfant en bas âge et tenter de capter son attention.

Une fois chose faite, il interagit avec lui pendant quelques minutes puis arrête de bouger d’un coup sec. 

Plus aucune réaction de la part de la mère ou du père : aucun sourire, aucun mot prononcé ni aucun geste.

Très vite, le nourrisson se rend compte du changement d’attitude et essaye de regagner son attention.

Ce dernier commence alors à rire, à reproduire des mouvements auxquels il était auparavant réactif (pointer du doigt dans une certaine direction, tendre les bras en avant, etc.).

Lorsqu’il remarque que rien n’y fait, il passe ainsi à l’étape suivante : les cris et les pleurs. Le bébé se met à stresser instantanément. 

Cette étude, effectuée à moindre échelle, est calquable sur l’intégralité du processus d’éducation des petits.

Tout au long de leur évolution, ils se sentent rejetés, humiliés ou blâmés lorsqu’ils réclament l’affection dont ils ont besoin. 

Ce sentiment de négligence ôte à l’enfant l’estime qu’il a de lui, puisqu’il la construit à travers le regard de ses parents.

Arrivé à l’âge adulte donc, les répercussions commencent à être palpables : manque de confiance en soi et en les autres, difficultés à nouer des liens sociaux, agressivité, absence d’empathie, anxiété et divers troubles psychologiques.

Par ailleurs, ces individus traumatisés par leur jeunesse ne doivent pas laisser cette négligence enfouie au fond d’eux les ronger; ils doivent, au contraire, se sentir légitimes de demander de l’aide pour s’en sortir et ne pas reproduire ces schémas sur leurs propres enfants.


Partagez l'article

>