Bien que l’Homme soit aujourd’hui le principal habitant de la Terre, beaucoup d’espèces ont autrefois existé. Nous ne nous demandons pas souvent à quoi aurait pu ressembler le globe il y a quelques millions d’années.

Certes, nous n’étions pas encore là, mais il est possible de remonter le temps, notamment grâce à l’histoire que nous raconte ce fossile de coquillage. 

La coquille bivalve fossilisée « Torreites sanchezi » du Crétacé a révélé que les jours étaient plus courts de 30 minutes il y a 70 millions d’années.

Les scientifiques ignorent les caractéristiques des ères passées et cette découverte peut constituer un repère qui permettra d’évaluer avec exactitude le rythme auquel s’éloigne la Lune de notre planète. 

En étudiant les changements du rayonnement enregistrés sur la roche, les cycles du soleil peuvent être déterminés sur des dizaines de milliers d’années. 

Observations microscopiques du fossile/AGU

En effet, selon les chercheurs, les jours de la Terre ne duraient que 18 heures il y a 1,4 milliard d’années.

Le coquillage appartient au groupe des rudistes, disparus il y a 66 millions d’années. Ces mollusques ont toutefois gardé des informations précieuses sur leurs époques, telles que les conditions de l’eau et des échelles de temps sub-quotidiennes, nous donnant ainsi un aperçu du mode de vie de ces créatures.

Le seul fossile disponible de T. sanchezi a été analysé par différentes techniques, dont la spectrométrie de masse, la microscopie, l’étude des isotopes stables et la micro-fluorescence aux rayons X.

Son observation chimique a révélé que les océans étaient plus chauds il y a 70 millions d’années, atteignant les 40 degrés Celsius.

Les cercles de la coquille présentent également une variabilité saisonnière : les couches des palourdes modernes cultivées en hiver sont, par exemple, plus sombres. 

En suivant cette hypothèse, nous devrions obtenir 365 anneaux par an, mais à la place, ils en ont reçu 372. Cela signifie que 23,5 heures constituaient un jour.

Ce ralentissement de l’oscillation de la planète s’explique par l’effet de frottement des marées, qui gonflent à cause de l’attraction gravitationnelle de la Lune. Cela crée une force de rotation entre les deux corps, augmentant la rapidité du satellite.

fossile de coquillage
Rudiste bivalves du Crétacé/Wikipedia Commons

Actuellement, notre astre est en orbite autour de la Terre à un rythme d’environ 3,82 cm par an. Si nous extrapolons ce taux sur la position de l’étoile il y a 4,5 milliards d’années, sa proximité avec notre globe aurait engendré sa destruction. 

Les scientifiques concluent alors que la Lune s’éloigne à une vitesse croissante. Cette accélération peut être calculée à partir de la durée des jours à différents moments de l’Histoire, elle-même fournie par les enregistrements géologiques d’anciennes coquilles de mollusques.

Les observations suggèrent également que T. sanchezi a formé une relation symbiotique avec les organismes photosynthétiques, mais cela reste toutefois à éclaircir.


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