Depuis la formation de la Terre il y a 4 milliards d’années, d’innombrables espèces ont vécu puis disparu.

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Chaque ère n’a gardé de sa faune et sa flore que des fossiles ou de rares traces de ces créatures. 

C’est justement ces indices, retrouvés aujourd’hui dans la nature, qui nous permettent d’identifier et caractériser nos ancêtres, mais aussi ceux des animaux et des insectes actuels.

Un ancien habitant de la planète

Le fossile de l’avant-pied gauche d’un lézard antique a été découvert par des scientifiques. Celui-ci est resté conservé pendant des millions d’années à l’intérieur d’une capsule d’ambre brun miel formée à partir de résine d’arbres.

Le reptile en question appartient au genre Anolis, primitifs des anoles modernes. Les chercheurs ont analysé le spécimen au microscope afin d’étudier le processus de fossilisation.

Le membre inférieur du lézard semble en excellent état et a gardé sa structure physique d’il y a 20 millions d’années. Toutefois, l’apparence paléolithique peut être trompeuse, une partie importante de l’os s’étant dégradée. 

Bien que l’ambre ait une composition permettant une bonne conservation des organismes, les caractéristiques chimiques de ce bout de squelette se sont transformées depuis son encapsulation à l’époque du Miocène.

Barthel et al.

Généralement, les structures qu’on retrouve piégées dans cette matière sont des insectes morts sous la sève des arbres. Celle-ci les durcit et les préserve pour toujours.

Pour être stocké, le corps doit être imprégné dans la résine avant que des prédateurs ne s’en emparent ou que les micro-organismes ne le décomposent. Des minéraux viennent ensuite progressivement remplacer les constituants initiaux.

D’après les auteurs de la recherche, la fossilisation pendant de longues périodes géologiques nécessite des conditions spécifiques avant et après le décès de la créature. Aussi, les tissus mous organiques peuvent être dégradés par les transformations chimiques. 

lézard
Volker Lannert/Université de Bonn

Une authenticité abîmée par le temps

Des géoscientifiques de l’Université de Bonn ont préparé des sections minces du fossile à analyser au microscope. En utilisant la tomographie micro-informatique, la netteté des griffes et des orteils du pied a permis de constater des cassures à deux endroits.

D’après le gonflement qui entoure la première fracture, le lézard peut avoir été blessé par un prédateur avant sa mort.

Quant à la deuxième, elle a eu lieu pendant l’incrustation du membre dans la résine, étant donné la fissure du support au même endroit.

Le temps n’a laissé que très peu d’éléments d’origine, car la composante élastique de l’os s’est totalement détériorée. Celle-ci est passée de l’hydroxyapatite (une matière inorganique présente dans l’émail des dents et des os) à un minéral de phosphate commun appelé fluorapatite.

Ces observations nous offrent la possibilité de constater que l’ambre ne protège pas complètement les fossiles de l’influence des facteurs environnementaux.

En effet, la fissure a probablement permis à des conditions externes d’impacter la transformation. 

Jonas Barthel, Doctorant à l’Institut des géosciences de l’Université de Bonn, déclare que les prochaines recherches vont particulièrement s’axer sur les mécanismes à l’origine de la conservation des organismes anciens.


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