L’évolution des êtres vivants et des animaux ne cesse de faire l’objet d’études approfondies par les plus grands spécialistes dans le domaine. On est attiré par la façon dont des organismes peuvent changer à travers le temps.

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On se dit alors : et si un animal pouvait revenir de l’oubli et nous raconter l’histoire de son évolution ? Et s’il pouvait répondre à toutes les questions que l’on se pose depuis des années ?

Cela est tout à fait possible aujourd’hui. Grâce à la paléontologie, les fossiles peuvent nous en dire long à ce sujet.

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Depuis très longtemps, une hypothèse suggère que les serpents ont évolué à partir d’un ancêtre aveugle et fouisseur — appelé scolécophidien —, considéré comme le serpent le plus primitif encore vivant.

Or, une étude publiée dans la revue Science Advances vient apporter de nouvelles informations remettant en cause cette théorie.

Il s’agit d’un crâne, encore en très bon état, appartenant à un ancien serpent à membres postérieurs, nommé « Najash rionegrina ».

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Ce nom renvoie au serpent biblique, à pattes, Nahash (signifiant serpent en hébreu) et à la région du Rio Negro, en Argentine, où les fossiles ont été retrouvés.

Spécimens Najash de LBPA/Université Flinders

Ce serpent fossile, vieux d’environ 95 millions d’années, a su éveiller la curiosité des médias d’autant plus que c’est un fossile terrestre et non marin, comme l’avait mentionné un rapport sur des serpents marins fossiles à membres postérieurs.

Les nouveaux crânes fossiles Najash nous apprennent des choses intéressantes sur le modèle d’évolution du crâne du serpent.

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On sait, notamment, que les serpents ont évolué des lézards, comme on sait que c’est grâce à leurs crânes qu’ils ont pu s’adapter parfaitement aux différents modes alimentaires.

On peut donc affirmer que ces nouvelles données viennent, non seulement contester toute ressemblance entre les crânes de cette lignée d’anciens serpents et ceux de serpents scolécophidiens, mais en plus, établir que l’anatomie de Najash (la bouche, les dents et certaines articulations du crâne) se rapprochait très nettement de celle des serpents modernes. Et cela, tout en conservant certaines caractéristiques de crâne de lézards.

(Fernando Garberoglio)

Tout porte à croire, donc, que les serpents évoluaient vers la mobilité du crâne, ce qui les aiderait à ingérer des proies encore plus grandes, exactement comme les serpents modernes.

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Une autre hypothèse, remise en question par le fossile, est que l’os en forme de tige, situé derrière l’œil des serpents modernes (le jugal), serait l’équivalent de l’os postorbitaire des ancêtres lézards, et qu’il serait absent chez tous les serpents fossiles modernes.

Le Najash a, définitivement, confirmé que c’est l’os postorbitaire qui a disparu lors de l’évolution, non le jugal.

Les paléontologues fournissent un travail considérable, qui requiert beaucoup de patience et beaucoup de volonté, vues les conditions dans lesquelles s’effectuent les recherches de fossiles. 

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La chaleur, la pluie et le froid en plus de la nature même du travail ne facilitent pas la tâche aux chercheurs. Leur seule grande récompense est la découverte de nouveaux os susceptibles de les faire avancer.


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