La pandémie du COVID-19 a frappé l’économie mondiale de plein fouet, mais a également causé d’importantes pertes humaines. Toutefois, on dit souvent qu’il y a un bon côté dans toute mauvaise situation. 

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Il semble que l’arrêt des activités industrielles et la diminution des flux urbains ont fait le plus grand bien à mère Nature, première victime de ces pratiques. Sur certaines plages, des nids de tortues marines refont surface sur le rivage, probablement suite au confinement.

Un fléau pour certains, une bénédiction pour les tortues 

La propagation du nouveau coronavirus a entraîné la désertion des plages à travers le monde, au profit des créatures telles que les tortues luths. Dotées d’une coquille semblable au cuir, leur fine couche de peau est incorporée de petites plaques osseuses résistantes. 

Mesurant 1m80 en moyenne pour 300 kg, le plus grand spécimen jamais connu faisait 3 mètres et dépassait les 900 kg. Depuis fin février, les autorités de Floride ont noté pas moins de 76 nids de ces tortues sur Juno Beach, qu’ils associent à l’absence de baigneurs. 

Le Loggerhead Marine Life Center, Organisation axée sur la conservation de ces animaux aquatiques, explique qu’en ce moment, l’éclosion des œufs se fait dans des conditions propices. De plus, la diminution de l’activité humaine marine favorise leur rapprochement près du rivage. 

La nidification des tortues luths a généralement lieu entre le 1er mai et le 31 octobre, suivant un cycle annuel qui varie selon l’espèce. Jacki Lopez, du Center of Biological Diversity en Floride, déclare que la densité du phénomène est différente chaque année, mais semble plus importante cette fois-ci. 

les tortues luths
Une tortue luth sur son nid à Juno Beach le 1er avril/LMLC

Une prospérité qui ne durera pas longtemps

Le matériel de pêche et les scooters de mer utilisés par les Hommes détruisent les zones où les tortues pondent leurs œufs, interrompant ainsi leur prolifération. Cependant, certains gouvernements — comme celui de Floride — ont décidé de lever les restrictions sur les plages : ce phénomène fascinant de nidation massive risque donc de s’inverser.

Kongkiat Kittiwatanawong, Directeur du Centre de biologie marine de Phuket en Thaïlande, déclare que 11 nids ont été retrouvés depuis novembre, comparativement aux années précédentes, où aucun n’a été observé.

Le Premier ministre Prayut Chan-o cha a ordonné la fermeture des frontières depuis un mois, ainsi que tous les magasins non essentiels. Ces mesures sont maintenues jusqu’à fin avril, en plus du couvre-feu de 22 h à 4 h du matin.

Cependant, avec le ralentissement apparent de la maladie, certaines régions prévoient de lever les restrictions dans les prochaines semaines.

Le déconfinement n’est sûrement pas une bonne nouvelle pour les tortues luths. Ces animaux risquent l’extinction totale depuis quelques décennies, et ce, à cause des projets urbains, des déchets plastiques, ainsi que le réchauffement climatique.

Ils restent menacés jusqu’à présent et figurent sur la liste rouge de l’UICN. Le Fond mondial pour la nature pointe le danger autour de certaines sous-populations comme celles du Pacifique oriental.


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