Les chats sont de bien curieuses créatures. Aimant le poisson, mais détestant aller dans l’eau, ceux-ci n’hésitent cependant pas à se plonger à l’intérieur de toute boîte en carton environnante et… plus étrange encore, ils auraient peur des concombres ! Toutefois, nous nous intéresserons particulièrement ici à leur tendance d’ingurgiter de l’herbe pour ensuite la vomir seulement quelques minutes après…

Au sujet de ce dernier point, les chercheurs de l’École de médecine vétérinaire de l’Université de Californie — après avoir interrogé plus de 1 000 propriétaires de chats aux États-Unis sur leurs compagnons félins et leurs habitudes en matière de consommation de plantes — ont présenté leurs conclusions lors du 53e congrès de la Société internationale d’éthologie appliquée en Norvège ce dernier mois.

D’après les résultats obtenus, plus de 60 % des chats avaient mangé des plantes à au moins 10 reprises, tandis que 11 % seulement n’avaient jamais été vus en train de le faire. La plupart du temps, la consommation de plantes n’affectait pas les chats, bien qu’environ 27 % des chats aient tendance à vomir peu de temps après. Il n’y avait pas de différence notable entre les brouteurs et les non brouteurs d’herbe, à l’exception de leur âge. Parmi les jeunes chats âgés de 3 ans ou moins, près de 40 % d’entre eux se nourrissaient quotidiennement de plantes, contre 27 % des chats de 4 ans et plus.

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Nous avons l’habitude d’expliquer la chose par le fait que le chat se sente mal à l’avance et cherche à manger des plantes qui provoqueront chez lui des vomissements afin de se soulager.

Néanmoins, l’équipe de chercheurs soupçonne un motif différent. Au lieu de cela, ils croient que c’est une « prédisposition innée » partagée par les ancêtres sauvages. Citant des recherches menées sur des primates, les spécialistes suggèrent que les animaux sauvages mangent souvent de l’herbe non digestible pour purger le tractus gastro-intestinal des parasites helminthiques en augmentant l’activité musculaire dans le tube digestif. Sauf que les chats d’aujourd’hui n’ont probablement plus ces parasites. Les auteurs soutiennent que la stratégie a probablement d’abord évolué chez un ancêtre éloigné.

« Étant donné que pratiquement tous les carnivores portent une charge parasitaire intestinale, une consommation de plantes régulière et instinctive jouerait un rôle adaptatif dans le maintien d’une charge parasitaire intestinale tolérable, que l’animal détecte ou non les parasites », explique l’équipe dans un résumé de leur recherche.

Même s’ils n’ont pas vérifié l’hypothèse que ce phénomène pouvait aider le chat à faire remonter les boules de poils qui se sont accumulées dans ses entrailles à force d’un auto-toilettage fréquent : dans l’ensemble, ingérer de l’herbe n’est pas une mauvaise chose. Les chercheurs nous affirment qu’il fait naturellement partie de la vie féline et qu’il ne devrait pas susciter trop d’inquiétude.


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