À une époque où la plupart des maladies ont trouvé leur remède grâce aux avancées de la médecine, nous n’avons pas encore éradiqué tous les maux.
En 2020, de nombreuses pathologies sont toujours d’actualité, dont le COVID-19, l’épidémie à la une cette année.

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Toutefois, nous ne sommes pas au bout de nos surprises, car un tout nouveau syndrome vient attirer notre attention…

Une urine alcoolisée

En Pennsylvanie, une femme souffrant de cirrhose et d’un diabète non contrôlé s’est rendue à l’hôpital universitaire de Pittsburgh pour une transplantation hépatique, mais s’est retrouvée disqualifiée. 

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En effet, les résultats de son test d’urine était positif à l’alcool, même si elle n’en prenait pas. Les médecins ont alors soupçonné une dépendance, et ont pensé à lui prescrire un traitement psychiatrique.

Plus tard, la découverte de microbes qui effectuaient la fermentation alcoolique dans sa vessie a permis d’élucider ce mystère qui se rapprochait d’un trouble appelé « syndrome de l’auto-brasserie », dans lequel les bactéries du tractus gastro-intestinal convertissent les glucides en alcool. 

Cependant, le cas de cette femme semble différent et plus rare, car le phénomène avait lieu dans sa vessie : puisqu’il n’y a pas passage de l’éthanol dans la circulation sanguine, la patiente paraissait tout à fait sobre. 

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Les médecins ont donc baptisé cela « syndrome de l’auto-brasserie urinaire ».

Le dosage sanguin de l’éthanol était négatif chez la malade, et son urine ne contenait pas de glucuronide et sulfate d’éthyle, deux métabolites de l’alcool. 

Ces deux molécules sont normalement présentes plusieurs jours après la prise de la boisson d’après le Dr Kenichi Tamama, auteur de l’étude.

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urine
Scienceinhd / Unsplash

La vessie, une véritable usine

D’autre part, des taux très élevés de glucose — dus au diabète mal contrôlé — et de levures ont été détectés dans la vessie de la patiente. 

Selon les médecins, ces colonies de bactéries sont probablement à l’origine de la transformation des sucres en alcool.

Afin de vérifier cette hypothèse, une recherche minutieuse a été réalisée : un échantillon d’urine nouvellement prélevé a été versé dans deux tubes à essai à températures différentes. 

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Dans le premier milieu, celui-ci s’est trouvé dans les conditions physiologiques, soit 37 °C. Les observations ont révélé des niveaux très élevés de production d’éthanol.

À l’inverse, il ne s’est rien passé lors de l’incubation du second dans un climat plus frais. Les scientifiques ont conclu que les levures fermentant le sucre dans la vessie expliquent les résultats ambigus des tests de la patiente. 

Finalement, la bactérie en question est Candida glabrata, qui fait naturellement partie de notre microbiome et qui est étroitement liée à la levure de bière.

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Ces recherches nous éclairent sur l’importance de reconnaître le syndrome urinaire de l’auto-brasserie lorsqu’il est présent. 

Celui-ci a déjà été détecté dans certains cas après le décès ou dans des tubes à essai laissés hors du réfrigérateur, mais jamais à l’intérieur de la vessie.

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