Le stress est en mesure de modifier l’ADN d’un individu dans des proportions très importantes. Des recherches ont été entreprises en ce sens et permettent de penser que les télomères d’ADN s’avèrent être très sensibles à toutes situations de stress qui puissent intervenir dans la vie quotidienne.

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Ces études se sont basées sur un échantillonnage de jeunes médecins démarrant leur vie active. Les premiers constats observés font état d’un vieillissement hâtif de leur ADN 6 fois plus rapidement qu’en situation normale, et ce, après seulement une année d’exercice.

Elles ont été réalisées à partir de la modification des télomères de l’ADN, qui a pour vocation d’évaluer le vieillissement cellulaire. Ainsi, « les bouts de nos chromosomes » qui ont un rythme de rétrécissement ralenti avec l’âge se trouvent accélérés en situation de stress chez les jeunes médecins.

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Cette grande enquête a porté sur l’examen de la relation existant entre le stress chronique et le vieillissement des cellules. Les modèles ciblés concernent les activités soumises à de grosses pressions, soit les nouveaux praticiens, les nouvelles recrues militaires et les nouveaux parents.

Les éléments d’appréciation prennent en considération la taille des télomères en tant que référence de marquage, pour suivre l’étendue du stress, et sa graduation, selon les déclarations d’un des membres de l’équipe de recherche, le neuroscientifique et psychiatre de profil, Srijan Sen du Michigan.

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Pour cette équipe de recherche, il s’agissait d’examiner les changements induits des télomères pour les professions soumises à des phases de stress intenses et constantes.

L’échantillonnage a concerné 84 étudiants en première année de médecine, dont il fallait évaluer aussi bien le sentiment de bien-être que le niveau de stress subi tout au long de l’année. En plus de l’attrition des télomères près de 6 fois supérieures au niveau normal pour les médecins, il a été relevé que plus longues ont été les charges de travail, plus les télomères rétrécissent.

L’ADN des médecins vieillit de 6 ans après 1 an de carrière seulement - travail, sante-et-medecine, biologie - vieillissement, Travail posté, Télomère, stress, sommeil, santé, Recherche scientifique, Psychiatre, Protestantisme, prévention, Névrose, neurosciences, Michigan, Médecin, enseignement, Échantillon (statistiques), Dépression (psychiatrie), Conditions de travail, coeur, chromosome, Cellule (biologie), cancer, bien être
Public Domain/Pxhere

En situation de référence, le temps de travail était de l’ordre de 64 h et demie par semaine, mais il se trouve que de nombreux participants allaient bien au-delà.

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S’agissant des cas qui réalisaient un temps de travail équivalent à 80 h par semaine, les chercheurs ont établi davantage de réduction des télomères que ceux qui appartenaient à la première tranche. L’importance de ces écarts de rétractation des télomères a nécessairement un impact sur le vieillissement de l’ADN, tout en étant susceptible d’occasionner divers problèmes de santé, dont la dépression, le cancer ainsi que les soucis cardiaques.

La fonction vitale des télomères consiste à assurer la protection des chromosomes de l’ADN, au même titre que les capuchons de plastique qui protègent les bouts de lacets, alors que sa vocation est d’assurer le développement du corps, en assurant ses réparations.

Cependant, le facteur dû au vieillissement tend à réduire les capsules au fil du temps. Par ailleurs, d’autres facteurs contribuent également au raccourcissement des télomères de manière plus active qu’en situation normale, ce sont le manque de sommeil ainsi que le fait d’avoir un nouveau-né.

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Une nouvelle étude a permis de relever que même avant le début des stages des sujets sondées, il se trouve que les cas qui présentaient des prédispositions névrotiques ou bien ceux qui avaient des antécédents familiaux stressants disposaient déjà de télomères plus courts.

Ces recherches permettront, selon leurs auteurs, à l’avenir d’aménager de manière plus rationnelle les horaires de travail des médecins, aussi bien en début de carrière que plus tard, tout en veillant à une meilleure gestion du stress. Les recherches futures porteront sur la relation entre la longueur des télomères et du travail posté. L’équipe de recherche suggère d’or es et déjà aux nouveaux praticiens de dormir davantage tout en s’efforçant de réduire le niveau de stress a un niveau acceptable.

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En définitive, Kathryn Ridout, psychiatre et l’une des auteurs, préconise d’agir au plus vite, en vue d’une réforme du système de formation des stagiaires et des horaires de travail, pour un effet plus positif sur le bien-être individuel. Cela pourrait améliorer les conditions de travail des nouveaux médecins, tout en préservant leur santé et leur viabilité en qualité de praticiens.


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