On connaissait les rats-taupes nus pour leurs capacités extraordinaires en termes d’endurance physique, de résistance aux maladies, à la douleur et au vieillissement, mais beaucoup ignorent leurs plus vilain défaut ; le vol. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces petits monstres ne dérobent pas de la nourriture ou des objets de valeur, mais s’amusent plutôt à enlever les bébés de leurs semblables pour en faire leurs esclaves.

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Ces Heterocephalus glaber d’à peine 10 cm de longueur, possèdent en effet des colonies de 300 ouvriers généralement stériles. Celles-ci rappellent celles d’insectes, comme les abeilles dont elles s’inspirent pour organiser leur vie en communauté.

Étant l’unique génitrice potentielle, une reine est capable de se battre jusqu’à la mort pour accéder au trône. Les autres femelles sont chargées de garder les petits pour les nourrir de caca aux hormones (excréments de la reine). Notons par ailleurs que cette souveraine peut mettre au monde jusqu’à 30 petits à la fois.

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La suggestion impliquant la consanguinité dans l’expansion accélérée de ces sociétés a été démentie par une expérience menée dans les années 1990, au Kenya, sur des rats-taupes nus capturés, puis libérés à nouveau, pour les besoins d’une recherche sur le terrain.

Smithsonian’s National Zoo/Flickr

L’enquête a révélé à l’époque une large action d’élargissement des terriers chez 26 colonies aux dépens des colonies voisines, dont 13 membres ont mystérieusement disparu.

Ce n’est qu’un an plus tard, que 2 d’entre eux ont été retrouvés dans une colonie intrusive, bien que les experts n’eussent aucun moyen de prouver qu’il s’agissait bien des mêmes individus, a expliqué le biologiste évolutionniste, Stan Braude de l’Université de Washington.

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Il a fallu attendre qu’une analyse génétique des tissus soit possible, comme c’est le cas aujourd’hui, pour confirmer leurs soupçons. Selon les résultats publiés dans le Journal of Zoology, les jeunes avaient bel et bien été séquestrés pour enrichir leur base de main d’œuvre non reproductrice. C’est le principe même de l’esclavagisme observé chez certaines fourmis, à l’instar des Formica sanguinea.

Smithsonian’s National Zoo/Flickr

Outre l’avantage physiologique (les muscles très puissants de la mâchoire et les dents apparaissant au-dessus des lèvres fermées), qui les aide à construire leurs habitations souterraines en toute sécurité, sur plusieurs kilomètres de longueur, les rats-taupes nus renforcent leurs troupes en s’appropriant les enfants « des autres ».

Les scientifiques pensent que cette attitude n’est probablement pas un cas isolé et pourrait bien être à l’origine de la taille des colonies des rats-taupes nus, mais aussi du développement de populations beaucoup plus grandes, avec la montée de violences entre les colonies.

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Bien entendu, les méthodes plus sophistiquées telles que les transpondeurs implantables pourront être d’une grande utilité pour apporter plus de détails concernant ce comportement étrange et égoïste, mais en attendant, aucune affirmation ne peut être considérée comme effective, car elle ne saurait dépasser le stade de la spéculation.


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