Sujet de conversation le plus répandu, le coronavirus fait la une de l’actualité. Épidémie mortelle qui fait beaucoup de bruit mais surtout énormément de victimes, le bilan est très lourd et rien ne semble pouvoir contenir le syndrome.

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Alors, que savons-nous exactement de sa prolifération ?

Des estimations contradictoires

Selon les déclarations du Professeur Gabriel Leung de l’Université de Hong Kong et de son équipe à The Lancet, 75 815 cas de contamination ont été enregistrés à Wuhan au 29 janvier 2020. Mais ces chiffres n’ont pas été confirmé par le ministère de la santé en Chine.

Des responsables chinois ont en revanche annoncé le 05 février, seulement 24 324 malades dans tout le pays, dont 500 décès.

Concernant la province du Hubei, les chiffres officiels étaient de 16 678 infections et de 479 victimes environ. Par ailleurs, bien que l’OMS ne recommande aucune restriction au commerce international ou aux voyages, elle a affirmé l’épidémie comme étant une urgence sanitaire mondiale.

Leung a tenu à expliquer l’écart entre ses estimations et le nombre réel de cas confirmés à Wuhan en évoquant plusieurs facteurs.

Il a parlé notamment de l’apparition tardive des symptômes, du temps nécessaire pour effectuer les tests de laboratoire et du traitement médical qui se veut souvent très lent.

Les résultats de l’étude montrent qu’un patient aurait pu infecter en moyenne deux à trois personnes et que 6 jours suffisaient amplement à doubler la taille de l’épidémie.

Joseph Wu, Professeur à l’Université de Wuhan, affirme qu’au regard des données actuelles, il faudrait s’attendre à ce que d’autres villes chinoises deviennent vite des épicentres d’ici une ou deux semaines.

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Il pense que la menace concerne aussi les grandes municipalités d’outre-mer qui sont en liaison de transport directe avec la Chine.

Coronavirus
David Chang / AAP

Un phénomène à relativiser

Quoi qu’il en soit, la nouvelle évaluation semble plutôt rassurante par rapport au taux de mortalité du virus 2019-nCoV qui serait en réalité nettement inférieur aux chiffres préliminaires suggérés, avec à peine 1 % de cas fatals.

Malheureusement, rien ne peut nous garantir que cela n’entraînera pas un grand nombre de décès en cas de vive propagation du virus.

En effet, l’OMS atteste que la grippe saisonnière, par exemple, tue entre 290 000 et 650 000 individus par an.

De même, d’après les calculs des Centers for Disease Control, 0,13 % des gens touchés par la grippe périssent rien qu’aux États-Unis.

Il est à rappeler que deux précédentes épidémies meurtrières ont été causées par la famille du coronavirus, dont le 2019-nCoV fait partie. Le SRAS a commencé dans la province du Guangdong et a fait 774 victimes sur 8096 personnes infectées. En 2012, le MERS a entraîné 858 pertes humaines sur les 2494 cas dits positifs au syndrome.

Cela devrait nous soulager de constater que les dégâts engendrés par le SRAS et le MERS étaient bien supérieurs à ceux du nouveau coronavirus.

Cependant, cela ne doit pas nous empêcher de rester vigilants…


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