« Avoir des vapeurs », « être sur le point de défaillir », « tomber dans les pommes », et « tourner de l’œil » : toutes ces expressions rapportent le même phénomène, celui de l’évanouissement.

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Peut-être l’avez-vous déjà vous-même expérimenté. Selon des témoignages, on commence par se sentir étourdi, l’estomac peut devenir douloureux, les paumes sont moites de sueur, la vision s’éteint, et les oreilles bourdonnent… Ensuite, on se réveille par terre, fixant le plafond avant de réaliser que l’on vient tout simplement de s’évanouir. Qu’est-il exactement arrivé ? Et comment peut-on l’expliquer ?

L’évanouissement est une affection très répandue chez les individus. En médecine, il est désigné par le terme plus technique de « syncope ». Cette syncope peut être causée par une multitude de facteurs différents. Mais généralement, ce symptôme consiste à ne pas recevoir une quantité suffisante de sang dans son cerveau.

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Une pression artérielle suffisante est nécessaire pour administrer le sang — et donc l’oxygène — à tous les tissus du corps. Que ce soit en position assise ou debout, le cerveau est situé au-dessus du niveau du cœur. C’est pourquoi il est primordial pour lui d’avoir une pression capable de vaincre la gravité et de conduire le sang jusqu’à la tête.

Alors, quelle est cette chose habituée à perturber ce processus naturel pour ainsi nous faire perdre connaissance ?

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Une chute de pression artérielle due à une forte réponse vaso-vagale est certainement la forme la plus commune d’un évanouissement. Dans ce cas-ci, l’anomalie se produit au niveau du nerf vague qui relie le cerveau au cœur, aux poumons et au tube digestif.

Le travail du nerf vague consiste à réguler le système nerveux parasympathique, c’est-à-dire la moitié de notre système nerveux autonome qui fonctionne sans avoir le besoin d’y penser, comme la digestion par exemple.

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Pixabay

Dans ce sens, le nerf vague libère dans le cœur un neurotransmetteur appelé « acétylcholine » qui va se lier à des cellules spéciales du stimulateur cardiaque afin de ralentir le rythme cardiaque. La pratique du Yoga tente d’accroître cette activité parasympathique en adoptant des comportements tels que la respiration lente et profonde afin d’apaiser le cœur et d’atteindre un état plus détendu.

Il faudrait tout de même faire attention, car bien que la relaxation soit une bonne chose, trop ralentir le cœur pourrait bien nous nuire — comme en cas de syncope. Il faut alors veiller à ce que notre rythme cardiaque atteigne un certain nombre de battements par minute pour permettre une tension artérielle globale équilibrée.

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Quant à l’autre moitié de notre système nerveux autonome, appelée « système nerveux sympathique », elle orchestre la réponse dite de combat ou de fuite en réponse à un stress.

C’est ainsi qu’à l’inverse du parasympathique le sympathique va plutôt augmenter la fréquence cardiaque et induire une vasoconstriction périphérique entraînant alors une augmentation de la pression artérielle.

L’activité parasympathique joue un rôle antagoniste à celui proposé par le système nerveux sympathique. Un manque de résistance chez l’un des deux peut engendrer une diminution de la fréquence cardiaque et provoquer une diminution spectaculaire de la pression artérielle qui donnera suite à une terrible syncope neurocardiogénique.

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Ces étiologies d’ordre physique de l’évanouissement sont plutôt claires. Mais il peut également s’agir d’une cause psychologique. Pensez à quelqu’un qui s’évanouit à la vue du sang par exemple. Alors comment peut-on expliquer l’évanouissement dans ce genre de cas ?

Généralement, la réaction naturelle du corps face à un stress initial — comme la visualisation du sang —, est la peur. Et celle-ci stimule l’activité du système nerveux sympathique qui fait augmenter le rythme cardiaque.

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Senior Airman Luke Kitterman/AIR FORCE MEDICAL SERVICE

En réponse à cela, l’activité parasympathique va simultanément augmenter par réflexe afin de ralentir la fréquence cardiaque jusqu’à la normale. Mais si cette compensation abaisse en fin de compte un peu trop cette fréquence et la pression artérielle qui va avec, le cerveau se retrouve avec moins d’oxygène : Ce qui mène encore à une perte de conscience.

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Quoiqu’il en soit ce phénomène apparaît toujours de façon brève et la plupart des gens reprenne conscience aussitôt après avoir touché le sol. C’est pourquoi certains chercheurs suggèrent que l’évanouissement est en fait une protection.

Lorsqu’on dort, il n’est plus question de livrer du sang au cerveau, car il est maintenant au même niveau que le cœur. Tout comme le corps serait aussi préservé d’une hémorragie grâce à une posture allongée et immobile.

Néanmoins, se retrouver allongé après un évanouissement consiste un danger non négligeable, car les personnes risquent en effet de se faire mal en se cognant la tête ou d’autres parties du corps et se blesser de façon plus ou moins grave.

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L’idée du fait que voir du sang aurait plus de chances de provoquer une syncope que l’aiguille d’une seringue a fait l’objet de récentes enquêtes.

L’une d’elles effectuée sur des sujets sains, consistait à faire regarder aux participants la vidéo d’un prélèvement sanguin qui a au final entraîné une activation légèrement plus importante de la réponse parasympathique comparée à celle obtenue après le visionnage d’une vidéo très similaire d’une injection. Ce résultat suggère que le sang lui-même a quelque chose de spécial.

Cette expérience a aussi démontré que si un individu pense pouvoir arrêter la procédure à tout moment, les symptômes vaso-vagaux peuvent être minimisés. Le sentiment de peur ou de manque de contrôle pourrait donc contribuer à la sévérité des réactions des personnes.

Les raisons et prédispositions d’un sujet à l’évanouissement nous échappent encore bien que les scientifiques admettent généralement que les femmes sont plus susceptibles de souffrir de syncope.

Nous avons cependant certaines stratégies pour prévenir les pertes de connaissances ; se mettre en position allongée dès les premiers signes. En cas de douleurs, plier les genoux ou élever les jambes pour permettre la montée du flux sanguin vers le cerveau. Contracter les muscles des bras et des jambes pour faciliter le transfert du sang vers le cœur et le cerveau. Bien s’hydrater pour maintenir un volume sanguin global suffisant.

Tant qu’on ne s’est pas fait vraiment mal, il n’est pas inquiétant d’avoir une syncope occasionnelle. Mais il vaut mieux consulter un médecin en cas d’évanouissement plus fréquent.


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