Qui n’aime pas avoir raison et avoir le dernier mot ? Certainement personne. La plupart des Hommes développent très tôt l’attitude de vouloir défendre avec intensité les idées avec lesquelles ils sont d’accord et d’attaquer férocement les informations avec lesquelles ils sont en désaccord.

Publicité

Sans même s’en rendre compte, et aussi objectif que l’on se dit d’être, notre jugement est grandement influencé par le résultat que nous souhaitons ardemment obtenir. En effet, lorsqu’une étude par exemple arrive à des conclusions contraires à celles imaginées, ou encore, lorsqu’après avoir effectué une analyse médicale, le médecin nous annonce une mauvaise nouvelle, on tend à trouver toutes les raisons du monde pour prouver la fausseté des résultats obtenus.

Motivés par nos croyances

Considérons le scénario suivant : vous êtes en face d’une personne et vous souhaitez la convaincre de quelque chose qui vous tient profondément à cœur. Vous essayez de justifier vos dires en utilisant des preuves logiques, et vous faites en sorte de construire un raisonnement cohérent. Or, cette personne semble autant déterminée à vous convaincre du contraire, et ce par des arguments qui vous paraissent absurdes. Vous êtes certain d’avoir raison, vous avez en votre portée des preuves solides, et vous vous demandez d’où vient le comportement de l’autre. La réponse est simple : il s’agit du raisonnement motivé.

Une étude menée par des chercheurs du Département de Psychologie de l’Université de Princeton en vue de comprendre le raisonnement motivé a constaté que beaucoup de nos actions et de nos dires sont influencés par nos croyances.

Le raisonnement est considéré par les mathématiciens et les scientifiques comme une technique infaillible pour développer l’intelligence et aboutir à la connaissance. Cependant, lorsque celui-ci devient motivé par nos croyances, et que celles-ci sont limitées, on risque fort de développer de fausses connaissances, et de prendre de mauvaises décisions.

Daniel Foster, Flickr

Aller au-delà du raisonnement motivé

Le psychologue Leon Festinger affirma dans son livre « When Prophecy fails », que les gens trouvent toujours le moyen de justifier les résultats en lesquels ils veulent croire, et les plus intelligents d’entre nous peuvent tomber dans ce piège, et construire ainsi un empire de connaissances erronées.

Heureusement, et même si cette attitude peut sembler innée, on peut s’en échapper, et le meilleur moyen de le faire, c’est d’apprendre à évaluer le processus qui nous conduit vers nos conclusions, en prenant le fait que l’on ait tort comme une opportunité pour se corriger.

Julia Gelf, co-fondatrice du « Center For Applied Rationality » en Californie, parle de deux états d’esprit : le soldat et le scout, et elle encourage les gens de suivre la voie du scout. Tandis que le soldat développe des instincts et des réflexes de défense, défend son point de vue avec orgueil et tonicité, le scout est plus dans la curiosité et le désire de compréhension.

Afin d’éviter de tomber dans le cercle vicieux du raisonnement motivé, il faut se montrer très ouvert et attentif. Ce n’est que de la sorte qu’on peut avancer dans la vie, et il faut savoir que nul ne détient et ne détiendra jamais le savoir absolu.


Partagez l'article

>