Nous n’avons pas vécu à toutes les ères, mais grâce à la découverte de fossiles enfouis dans les formations naturelles, les paléontologues ont pu retracer l’Histoire évolutive de la vie à travers des millénaires. Le Grand Canyon est l’un des spectacles géologiques les plus impressionnants connus à ce jour, il s’agit aussi de reliefs naturels abritant une panoplie de fossiles, de toutes périodes confondues. 

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Bien que de nombreuses espèces du passé aient été identifiées et classées grâces à leurs restes retrouvés, les spécialistes ne cessent de découvrir de plus en plus de spécimens anciens, dont les premiers vertébrés apparus sur Terre.

Une découverte inattendue

Une nouvelle étude a mis en lumière l’origine de traces de pas retrouvées lors d’une promenade au Parc national du Grand Canyon en Arizona, en 2016, qui datent de plus de 313 millions d’années.

D’après Stephen Rowland, paléontologue de l’Université du Nevada à Las Vegas, il s’agirait des plus anciens fossiles d’animaux pondeurs de coquilles, mais aussi de la première preuve de l’existence de vertébrés ayant vécu à cet endroit.

À vrai dire, ce qui est particulièrement étonnant sur ces traces, c’est bien les circonstances de leur découverte : sur le chemin du Bright Angel Trail, elles se trouvaient sur le flanc d’un rocher qui s’est effondré d’une falaise voisine, révélant une coupe stratigraphique de la formation du Manakacha, il y a 315 millions d’années.

Impression artistique d’Emily Waldman

Si une telle chose n’était pas arrivée au rocher, ces empreintes n’auraient probablement jamais vu le jour, et resteraient un éternel mystère pour la paléontologie.

Afin d’identifier les espèces d’animaux ayant vécu sur les dunes et qui sont responsables de ces marques, les chercheurs se sont intéressés aux détails sous le microscope. Deux trajectoires ont été laissées par des vertébrés tétrapodes très précoces dits « amniotes basaux », probablement le point de départ de l’arbre évolutif des reptiles. 

Des caractéristiques héritées par des êtres contemporains

À l’analyse, la forme de la première piste décrivait des mouvements suivant la diagonale de la pente de la dune, et les séquences latérales laissent deviner que les pattes d’un côté de l’animal s’avancent en premier, puis sont suivies de celles de l’autre côté.

Selon Rowland, ces empreintes renseignent sur l’ancienneté de cette démarche, héritée aujourd’hui chez les êtres vivants tétrapodes tels que les chiens et les chats, lorsqu’ils se déplacent lentement.

Rowland et al., PLOS ONE, 2020

Dans la seconde piste, la forme de la trajectoire ascendante est différente, les marques de griffes révèlent plutôt une direction verticale. Les chercheurs pensent qu’il pourrait s’agir de la même espèce que celle des premières empreintes, mais les résultats demeurent très mitigés, d’autres suggèrent des rapprochements avec Chelichnus, ensemble de fossiles déterrés en Écosse.

En dehors de ces derniers, et étant donné les conditions de sa découverte, Rowland déclare qu’il est fort probable que le spécimen en question ayant vécu autrefois au Grand Canyon ne soit pas enregistré dans les archives fossiles connues jusqu’à présent.


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