Le cerveau fait parti des organes vitaux, avec le cœur, les poumons et les reins. Si l’un de ces derniers venait à cesser de fonctionner, le pronostic vital serait engagé. Il s’agit aussi du seul organe, parmi ces derniers, dont les causes des maladies qui l’atteignent ne sont pas tout à fait connues, et font l’objet de nombreuses recherches.

Il a déjà été établi que, en vieillissant, le volume de matière grise tend à plus décliner chez les hommes que chez les femmes, mais aussi que le pouvoir du cerveau à exprimer des gènes change plus rapidement, ce qui réduit sa capacité à produire et à dégrader des molécules.

Dans une récente recherche, les scientifiques sont parvenus à un résultat qui va permettre une meilleure approche des maladies neurologiques.

Le métabolisme du cerveau

Afin de fonctionner correctement, le cerveau a besoin de glucose qu’il dégrade par glycolyse aérobie, lui permettant de se développer. Ses besoins en glucose varient avec l’âge, la glycolyse étant très importante chez les enfants, elle diminue à l’âge adulte et atteint des seuils très bas à partir de la soixantaine. Il est clair que l’âge exact varie d’un individu à l’autre, mais existe-t-il une distinction liée au sexe ?

En tenant compte de ces informations, les chercheurs ont mené une étude dans laquelle ils ont réalisé un scanner de tomographie par émission de positons (PET scan) chez 205 sujets, 121 femmes et 84 hommes, âgés de 20 à 82 ans. Le but de ce scanner était de détecter les flux de glucose et d’oxygène dans leur cerveau afin de déterminer la quantité de glucose qui était engagée dans une glycolyse.

En prenant les hommes comme référence, ils ont calculé, à l’aide d’un algorithme, la relation entre l’âge et le métabolisme cérébral de chaque individu. Ensuite, ils ont programmé l’algorithme afin qu’il estime l’âge des femmes en tenant compte du métabolisme cérébral de ces dernières. Le calcul a donné une valeur moyenne qui était de 3,8 ans inférieure à leur âge.

En utilisant le processus inverse, l’algorithme a calculé une valeur moyenne de 2,4 ans supérieure à l’âge moyen des hommes. Ce constat est d’autant plus intéressant du fait que la différence a été aussi bien observée chez les sujets âgés que chez ceux ayant la vingtaine.

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Une découverte d’une importance capitale

Cela pourrait expliquer le fait que les femmes ont un esprit plus vif que les hommes à des âges mûrs. Le Docteur Manu Goyal, neuroscientifique au Mallinckrodt Institute of Radiology, à l’Université de médecine de Washington, explique que les recherches médicales se penchent de plus en plus sur l’influence du sexe comme un facteur pouvant affecter la trajectoire que suit le cerveau en vieillissant, et qui peut conduire, ou non, à des maladies dégénératives neurologiques.

Concernant les résultats de la recherche, M. Goyal ajoute que le cerveau des hommes ne vieillit pas plus rapidement, mais que ces derniers atteignent l’âge adulte avec une latence d’environ 3 ans par rapport aux femmes. Ce retard persiste tout au long de leur vie, et bien que les conséquences directes de ce phénomène ne soient pas encore déterminées, cela peut expliquer le fait que leurs fonctions cognitives déclinent plus rapidement.

Finalement, il avance que lui et son équipe travaillent actuellement sur une étude afin d’apporter des confirmations.


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