Loin d’être un récit de science-fiction, car ce scénario risque fort de se réaliser, la menace que va sans doute constituer le soleil pour la vie sur terre est bel et bien existante.

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En effet, il est plus que probable que celui-ci grossisse et se mette à surchauffer à mesure qu’il brûle son hydrogène en fusion, allant éventuellement jusqu’à engloutir la terre.

La recherche en astronautique d’exoplanètes habitables tente d’obtenir une issue à ce futur cataclysme. Une autre solution serait à son tour de modifier l’orbite de la Terre pour ainsi l’éloigner du Soleil et éviter le réchauffement climatique imminent.

La question qui se posera ici est « comment ? ». Comment pourrions-nous hypothétiquement déplacer la Terre ?

Des techniques ont déjà été mises au point pour déplacer des astres, mais ce n’est faisable qu’avec les petits corps, tels les astéroïdes par exemple.

Ainsi, certains astéroïdes ayant entrepris de passer trop près de nous ont été déviés pour éviter tout risque de collision.

Cela s’est généralement fait par une explosion nucléaire ou « impulsion cinétique » à proximité ou sur la surface de l’objet en question ; procédé à exclure lorsqu’il s’agit de notre planète étant donné que l’explosion la détruirait.

Expérimental : voile solaire, NanoSail-D/NASA// MSFC /D. Higginbotham

Des méthodes plus douces sur le long terme se font aussi grâce à un remorqueur amarré à la surface de l’astéroïde ou par un vaisseau spatial en vol stationnaire à proximité de celui-ci (poussée par gravité ou par d’autres méthodes) ; procédé également impossible à exécuter avec la terre dont la masse est trop grande même comparée au plus gros des astéroïdes.

En vérité, l’orbite a déjà été déplacée. À chaque fois qu’une sonde est envoyée dans l’espace, sa propulsion pousse la terre dans la direction opposée. Mais cette déviation reste malheureusement pour nous tout à fait minime.

Les propulseurs électriques — dont le plus puissant connu à nos jours est le Falcon Heavy de SpaceX — sont un moyen efficace pour accélérer la masse. Ils permettraient une même orbite que celle de Mars, mais nous aurions besoin d’au moins 300 milliards de milliards de lancements à pleine capacité pour parvenir à ce changement.

Il serait également envisageable d’exploiter la lumière — car celle-ci peut transporter l’élan (sans avoir recours à la masse). Et ce, sachant que nous pouvons être en mesure d’alimenter en continu un faisceau lumineux focalisé, ou « laser » dont l’énergie requise serait collectée du Soleil lui-même.

Ainsi, une voile solaire placée à proximité de la terre peut faire réfléchir la lumière du Soleil sur elle. Quoique les chercheurs ont montré qu’il faudrait un disque réfléchissant 19 fois plus grand que le diamètre de la Terre pour effectuer le changement d’orbite sur un milliard d’années.

Trajectoire de Rosetta durant sa mission.
NASA/JPL

Cette façon d’agir a été envisagée par le projet Breakthrough Starshot pour explorer les étoiles voisines avec l’aide de l’énorme centrale laser de 100 GW. Mais il faudrait encore trois-milliards d’années d’utilisation continue pour réaliser un changement d’orbite de la terre.

Un autre type de manœuvre a été largement utilisé par les sondes interplanétaires. Il consiste à se servir d’un passage proche ou une fronde gravitationnelle permettant ainsi à deux corps en orbite d’échanger de la vitesse et de modifier leur vitesse.

La sonde Rosetta en est un parfait exemple. Celle-ci a visité la comète 67P en 2014-2016 au cours de son voyage de dix ans et est passée à proximité de la Terre à deux reprises, en 2005 et en 2007.

Dans ce cas-là, c’est bien le champ de gravité de la planète bleue qui a fourni l’accélération requise à Rosetta, chose irréalisable avec uniquement des propulseurs.

Suite à cela, la Terre a aussi reçu une impulsion opposée et égale, mais sans effet mesurable du fait de sa trop grande masse. Il n’empêche que répéter cette action plusieurs fois avec un astéroïde ou une comète peut tout à fait aboutir à un changement considérable de son orbite.

Le verdict est qu’il est théoriquement possible de changer de façon conséquente l’orbite terrestre. Et parmi toutes les options disponibles, l’assistance gravitationnelle semble être la plus réalisable à l’heure actuelle…


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