L’enfer est pavé de bonnes intentions. Cela est tellement vrai pour Rieli Fransiscato, qui a payé de sa vie, le prix de son dévouement à la cause humanitaire.

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Membre de FUNAI, (Agence des affaires autochtones du gouvernement brésilien), l’homme a, en effet, été assassiné par l’une des tribus isolées, qu’il s’évertuait à défendre, au péril de sa propre existence. Croyant sans doute à une intrusion, les malheureux lui avaient transpercé la poitrine avec une flèche. Fâcheusement, l’homme a succombé à sa blessure le mercredi 9 septembre, selon la FUNAI. Le corps a été retrouvé à proximité de la réserve d’Uru Eu Wau Wau dans l’État brésilien de Rondônia.

Ce rassemblement ethnique est un groupe de chasseurs-cueilleurs indigènes proches des Jururei, ou les « courageux », des congrégations autochtones complètement « déconnectées » du reste du monde. Il avait été appelé de force en 1981, dans le cadre de la politique gouvernementale de l’époque, visant à relier avec tous les peuples de la « forêt ».

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Bien qu’ils aient pu obtenir la reconnaissance de leurs droits fonciers, en 1991, le groupe Uru Eu Wau Wau a récemment eu quelques démêlées avec des éleveurs, des bûcherons et des mineurs qui avaient d’autres projets (pas complètement désintéressés) pour ces terres.

Responsable d’une mission de protection des territoires des tribus isolées, dans l’État de Rondônia, Franciscato était chargé d’enquêter sur ces éventuels conflits. C’est ce qu’affirme Survival International, une organisation en faveur des droits des peuples tribaux.

Vue sur les villages isolés Uru Eu Wau Wau, Brésil.
Fiona Watson/Survival

Sur un enregistrement vidéo, fait le jour de l’incident, on voit clairement un éleveur insulter des membres du peuple autochtone, pour s’être hasardé un peu trop près de leurs champs.

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Franciscato s’intéressait à un groupe pacifique, appelé « groupe isolé de la rivière Cautario », d’après certains témoignages, rapportés par Gabriel Uchida, photojournaliste à l’AFP.

La malchance a voulu que Rieli et son équipe soient pris pour des ennemis, et qu’ils se fassent attaquer par ces mêmes personnes (5 pour être exacte). À la suite de quoi Franciscato a été tué.

Les Uru Eu Wau Wau sont connus pour leur tatouage autour de la bouche faits avec du genipapo, un colorant noir fabriqué à partir d’un fruit amazonien.
Fiona Watson/Survival (1991)

Pour sa part, une ONG fondée par Franciscato dans les années 1980, nommée Kanindé, déplore la perte tragique d’un tel bienfaiteur pour l’Amazonie. Elle en parle comme d’un fidèle serviteur, plein de courage et toujours prêt à aider son prochain. Son sérieux n’avait d’égal que son professionnalisme, d’après ses collaborateurs.

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Sarah Shenker, chercheuse principale de Survival, estime que ce qui a conduit à une confusion aussi dramatique de la part des indigènes n’est autre que les conditions extrêmes dans lesquelles ils sont obligés de survivre au quotidien.

Les incriminer serait donc assez malvenu, compte tenu des circonstances. Il conviendrait plutôt de les protéger des nombreuses menaces qui les guettent afin qu’ils se sentent davantage en sécurité.

Il faudrait aussi œuvrer afin d’empêcher une autre vague de violence envers ces peuples, sous de faux prétextes (notamment la mort de Franciscato). Il est clair que cela n’apporterait rien de bon, bien au contraire.

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