Cape sur la planète des singes avec cette incroyable découverte qui nous amène droit vers les travaux de Darwin, au sujet de notre lointain passé et grâce à laquelle le débat sur la compréhension du processus d’évolution des hominidés est relancé.

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C’est dans la vallée poussiéreuse de Godaya à Woranso-Mille (Éthiopie), qu’a été découvert en février 2016, le crâne presque complet d’un hominidé primitif – soit celui d’un présumé ancêtre du genre humain –, par une équipe internationale d’anthropologues dont le Professeur éthiopien Yohannes Haile-Selassie – du Musée d’histoire naturelle de Cleveland (États-Unis) –, est co-auteur de deux études publiées le mercredi 28 août dans la revue Nature, présentant leurs conclusions (c1 et c2).

D’après les chercheurs, le crâne remonte à 3,8 millions d’années et appartenait à un Australopithecus anamensis, l’une des plus anciennes espèces d’Australopithèques connues apparentées à l’homme moderne.

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Cette dernière trouvaille baptisée « MRD », rejoint ainsi les célèbres « Ardi » (Ardipithecus ramidus découvert en Éthiopie et vieux d’environ 4,5 millions d’années), « Lucy » (de 3,2 millions d’années, découverte en 1974), et « Toumaï » (Sahelanthropus tchadensis vieux d’environ 7 millions d’années, découvert en 2001 au Tchad).

Mais une des raisons pour lesquelles le MRD suscite plus d’intérêt, c’est son état de conservation remarquable. Il s’agit bien du plus complet du genre Australopithèque à avoir jamais été découvert. Jusqu’à présent, on découvrait principalement des fragments de dents ou de squelette.

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Mais dès lors que les chercheurs ont retrouvé un crâne presque complet du spécimen, ils peuvent commencer à reconstituer ce à quoi ressemblait le visage de ce parent éloigné.

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La reconstruction faciale de A. anamensis par John Gurche a été rendue possible grâce aux contributions de Susan et George Klein. Photographie de Matt Crow/Cleveland Museum of Natural History

« Ce spécimen est le premier à nous donner un aperçu de ce à quoi ressemblait vraiment l’Australopithecus anamensis », a déclaré Haile-Selassie lors d’une conférence téléphonique.

« [Cela montre] que les premiers ancêtres humains étaient très « primitifs » jusqu’à l’arrivée du genre Homo », a-t-il ajouté. « Ils ont toujours des visages ressemblant à des singes et une morphologie crânienne semblable ».

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Bien qu’il soit tout petit, on pense que le crâne était d’un adulte, à priori masculin et que celui-ci vivait au sec dans des arbustes, tout en parcourant de temps à autre les prairies, les terres humides et les forêts riveraines.

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La reconstruction faciale de A. anamensis par John Gurche a été rendue possible grâce aux contributions de Susan et George Klein. Photographie de Matt Crow/Cleveland Museum of Natural History

Appartenant à un genre d’hominidé bipède précoce dont le nom est un mélange de latin et de romain qui signifie « singe méridional », l’espèce aurait tout de même traversé une grosse partie de l’Afrique jusqu’à son extinction il y a de cela environ 2 millions d’années.

Cette extinction ne représenterait néanmoins que le début de l’Histoire puisque l’on attribue à l’espèce archaïque un rôle important dans l’évolution de l’être humain, le genre Homo (d’« Homo sapien » comprenant tous les humains d’aujourd’hui) qui aurait donc émergé de l’Australopithèque.

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L’analyse du nouveau spécimen (MRD) remet en question les idées sur la façon dont les premiers humains ont évolué à partir d’ancêtres ressemblant à des singes. Précédemment, on pensait que le fameux fossile « Lucy » faisait partie d’une espèce qui a donné naissance aux premiers humains. Mais ceci doit être reconsidéré, d’autant plus que cette récente découverte suggère qu’A. Anamensis (MRD) et A. afarensis (Lucy) présentent en réalité des différences importantes.

Autrefois, il était également question que ces deux types d’Australopithèques se trouvaient  sur une même lignée en évolution : « Nous pensions que l’A. anamensis (MRD) se transformait progressivement en A. afarensis (Lucy) avec le temps », explique Stéphanie Melillo du Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology en Allemagne, co-auteur des deux études. Mais la datation du spécimen suggère que les deux espèces se sont côtoyées pendant au moins 100 000 ans.

En tous les cas, « ce crâne devrait devenir une autre icône de l’évolution humaine », d’après Fred Spoor – Professeur d’anatomie de l’évolution humaine à l’UCL au Royaume-Uni, qui n’était pas directement impliqué dans cette étude. Et : « Sa découverte affecte considérablement notre réflexion sur l’origine du genre Australopithecus en particulier, et sur l’arbre généalogique évolutif des anciens hominidés en général », a-t-il ajouté.

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