Tout le monde a des sons qui les agacent. La désagréable sensation de perdre la tête et d’approcher la crise de nerfs à cause du bruit d’une craie sur un tableau, le grincement des dents, un voisin de table qui mastique, mâche ou dégluti serait due à une anomalie du cerveau.

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Il est question d’une anomalie qui peut être diagnostiquée comme une maladie appelée « misophonie ».

La bonne nouvelle

Peu d’études sur ce trouble existent actuellement. L’Université de Newcastle (Angleterre) a publié des travaux dans la revue « Current Biology », mettant en évidence l’activité cérébrale anormale des misophones face à certains bruits.

Pour ce faire, les chercheurs ont soumis ces derniers et d’autres personnes à différents sons.

À l’écoute de la mastication d’un chewing-gum, le scanner cérébral a révélé une activité intense au niveau du cortex insulaire antérieur.

Selon une étude américaine réalisée par des chercheurs de l’Université Northwestern, les personnes qui sont hypersensibles à des sons particuliers ont tendance à être plus créatives que ceux qui ne le sont pas.

Ainsi, les résultats de cette étude font ressortir que plus les personnes sont affectées par les sons, plus la probabilité qu’ils obtiennent de bons résultats aux tests de créativité est élevée.

En 2013, une équipe de psychiatres d’Amsterdam qualifient la misophonie de « trouble psychiatrique léger », dans la revue Frontiers in Human Neuroscience.

Sur un échantillon de 42 personnes présentant des symptômes d’une atteinte à la misophonie, ils ont découvert que celles souffrant de cette maladie évitent les situations sociales et recourent à l’usage des écouteurs pour fuir les sons stridents.

Public Domain, Max Pixel

C’est sur la base de ces résultats qu’ils ont proposé des critères de diagnostic pouvant classer la misophonie en tant que nouveau trouble psychiatrique.

La mauvaise nouvelle

D’autres chercheurs affirment que cela pourrait être un symptôme d’autres troubles psychiatriques sous-jacents. Dans une étude portant sur un échantillon de 500 étudiants, près de 20 % des participants ont présenté des symptômes cliniquement significatifs de misophonie.

D’après les superviseurs de l’étude, les symptômes coïncident souvent avec l’anxiété, la dépression et le trouble obsessionnel compulsif (TOC).

À ce propos, Margaret et Pawel Jastreboff, les chercheurs de l’Université Emory aux USA qui ont d’abord inventé le terme, ont soutenu que c’est une condition qui a à voir avec la tolérance au son diminuée, et il est possible que les gens expérimentent sur un spectre.

C’est-à-dire que certaines personnes peuvent souffrir de la misophonie, mais ne pas en être affectées sur le plan clinique, tandis que d’autres sont sujettes à des réactions plus graves.

Pour le médecin généraliste et spécialiste ORL à l’Hôpital Georges-Pompidou à Paris, Philippe Peignard : « les bruits organiques, comme le raclement de gorge ou les bruits de bouche ne sont agréables pour personne, mais pour les misophones c’est une véritable torture.

Il s’agirait surtout d’un dysfonctionnement de l’inhibition puisque les misophones n’arrivent pas à réprimer leurs réactions ».


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