Quand un garçon s’est fait retirer un sixième de son cerveau, quelque chose d’incroyable est arrivée


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Joint Base Charleston

Le cerveau est sans doute la partie du corps la plus complexe et la moins comprise par rapport aux autres organes. Les lésions de celui-ci sont souvent irréversibles et peuvent entraîner, selon leur localisation, des paralysies, des troubles de la sensibilité ou des problèmes viscéraux pouvant aller jusqu’à la mort.

Pendant longtemps, les scientifiques ont cru que le cerveau était incapable de se régénérer et que tout trouble résultant de son dysfonctionnement était susceptible de se pérenniser, mais il s’est produit quelque chose d’incroyable chez un enfant dont une partie du cerveau a été retirée, ce qui leur a donné de nouvelles perspectives.

La situation du jeune garçon

À l’âge de ses sept ans, un garçon épileptique nommé UD a subi une opération chirurgicale dite lobectomie qui consiste en l’ablation d’un tiers de l’hémisphère droit de son cerveau, touchant principalement les aires responsables de la vision. Ainsi, les voies visuelles étant croisées, UD ne pouvait plus voir du côté gauche à son réveil après l’opération.

Cependant, ce qui a intrigué les chercheurs, c’est que l’hémisphère gauche a commencé à compenser les tâches visuelles de la partie manquante de l’hémisphère droit. Par exemple, la reconnaissance des objets et des visages dépend de l’hémisphère droit à l’état normal, mais après l’ablation de la partie responsable de cette tâche, l’hémisphère gauche du jeune enfant a pris le relai.

Selon la neuroscientifique Marlene Behrmann de l’Université Carnegie Mellon, DU avait seulement un déficit au niveau de la partie gauche de son champ visuel et qui pouvait facilement être compensé en tournant la tête ou les yeux.

De plus, les performances intellectuelles de l’enfant sont restées intactes et la partie manquante de son cerveau n’a pas vraiment affecté sa qualité de vie. Behrmann explique que DU n’a pas conscience du léger déficit qu’il a au niveau de son champ de vision, comme s’il avait un angle mort sans s’en rendre compte.

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Courtoisie de la famille de Tanner.

Comment les scientifiques voient cette adaptation cérébrale

Selon les chercheurs, le cerveau en développement peut trouver un moyen de se « recâbler » si nécessaire afin de préserver ses fonctions, c’est la plasticité cérébrale. Cette plasticité semble être particulièrement présente au niveau des aires de la vision et Behrmann explique que le cas de DU confirme qu’un seul hémisphère soit suffisant pour une fonction visuelle normale des deux yeux.

D’ailleurs, les neuroscientifiques ont continué à surveiller le cerveau de DU pendant 3 ans, en le comparant à d’autres garçons qui avaient ou non subi la même opération pour traiter l’épilepsie et il semblerait qu’il n’y ait aucune altération fonctionnelle décelable chez celui-ci. Néanmoins, ils ne comprennent toujours pas comment la partie restante de cerveau de DU est en mesure d’assumer les tâches de la partie manquante sans compromettre d’autres fonctions.

Aujourd’hui, DU reçoit une thérapie spéciale très prometteuse pour sa vision. Pour compenser le déficit de son champ visuel gauche, le jeune garçon doit se mettre sur le côté gauche de sa classe afin d’avoir la plus grande partie de la salle dans son champ de vision.