Les chauves-souris sont dotées d’un système immunitaire tellement développé qu’elles ne sont pas touchées par les nombreux agents pathogènes dont elles sont le réservoir, et ce n’est pas leur unique particularité. Leur comportement très discipliné en cas d’infection est d’autant plus étrange qu’il semble indiquer un civisme et un sens des responsabilités nettement supérieurs à celui de la plupart des humains.

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Le Dr Simon Ripperger de l’Ohio State University et son équipe ont fait ce constat étonnant suite à l’observation de chauves-souris en captivité. Étant elles-mêmes malades, celles-ci avaient en fait tendance à s’éloigner de leurs voisins plus sains.

L’étude a porté sur 41 individus adultes dont 7 femelles enceintes ont été relâchées. 50 % des animaux restants ont été injectés avec des lipopolysaccharides pour déclencher une réaction immunitaire comme s’ils étaient réellement touchés. Puis, des capteurs leur ont été installés de façon à évaluer leurs mouvements ainsi que la distance des uns par rapport aux autres.

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Ces derniers ont préféré s’isoler dans un espace restreint et ne sont revenus à une interactivité normale avec leurs homologues qu’une fois les effets des lipopolysaccharides entièrement dissipés.

Treasuregr/Pixabay

Cette méthode a permis aux experts de comprendre l’évolution de l’attitude des chauves-souris tout au long de la journée et de la nuit malgré l’obscurité de creux dans lequel elles étaient terrées.

Par ailleurs, au lieu de créer un endroit pour la mise en quarantaine de tous les sujets mal en point, ceux-ci restaient tout simplement seuls aussi loin des autres malades que des individus en bonne santé. Ce qui annulait pratiquement le risque de transmission. Cette attention est sans aucun doute très bénéfique pour la colonie, mais ne l’est pas forcément pour la chauve-souris souffrante, bien au contraire.

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Le moins que l’on puisse dire à propos de ces bêtes, c’est qu’elles font preuve de beaucoup de considération à l’égard de leurs semblables en faisant en sorte de ne pas proliférer leur syndrome autour d’elles. Cela a le mérite de couvrir un peu la mauvaise réputation dont elles ont longtemps été prisonnières.

En lisant ce rapport, beaucoup devraient remettre en question l’idée qu’ils se faisaient des chauves-souris vampires et ce ne serait pas plus mal.

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