Le manque de sommeil peut causer des problèmes de santé ainsi que des sauts d’humeur qui altèrent la qualité de notre quotidien.

Publicité

On peut toujours se reposer pour essayer de récupérer ses heures de sommeil perdues, cependant les dégâts engendrés par une nuit trop courte peuvent être irréversibles. C’est d’ailleurs le sujet d’une étude menée sur le sommeil qui est arrivée à des conclusions qui vont nous couper l’envie de faire des nuits blanches.

Un processus naturel assuré lorsqu’on dort

Le corps élimine tous les résidus et toxines qui n’ont aucune utilité afin d’assurer son équilibre. Pendant le sommeil, le cerveau se met à renouveler les neurones qui le composent grâce à deux types distincts de cellules gliales – aussi appelées cellules de soutien ou colle du système nerveux -, il s’agit des microgliales et des astrocytes.

Les cellules microgliales se chargent d’éliminer les cellules usées à travers un processus appelé phagocytose, qui signifie en grec «dévorer». Le rôle des astrocytes quant à lui est d’élaguer les synapses ou connexions inutiles dans le cerveau et de remodeler le système.

Pison Jaujip. Flickr.

Un cerveau qui se mange de l’intérieur

Une étude dirigée par le neuroscientifique Michele Bellesi de l’Université polytechnique de Marche en Italie, a été menée sur des cerveaux de souris afin de voir les effets des mauvaises habitudes du sommeil sur ses cellules.

Les souris ont été divisées en quatre groupes :

  • Un groupe bien reposé : qui a pu dormir entre 6 à 8 heures par nuit ;
  • Un groupe spontanément éveillé à plusieurs moments pendant leur sommeil ;
  • Un groupe privé de sommeil toute une nuit ;
  • Un dernier groupe sans sommeil chronique qu’on a empêché de dormir pendant cinq jours d’affilé.

Les chercheurs ont alors comparé l’activité des astrocytes chez les sujets des quatre groupes. Ils ont pu constater qu’elles étaient présentes dans 5,7% des synapses du groupe bien reposé, contre 7,3%  chez groupe spontanément réveillé. 8,4% des astrocytes se sont révélées actives dans le cerveau du groupe de souris privées de sommeil, et enfin dans 13,5% chez le quatrième et dernier groupe de souris chroniquement privées de sommeil.

Les observations ont été différentes chez les deux derniers groupes, avec une phagocytose astrocytaire importante qui mange des parties de synapses. Ce phénomène a été directement lié à un rythme de sommeil irrégulier et surtout insuffisant qui mène vers des lésions synaptiques d’une grande ampleur. Les chercheurs rapportent aussi que la phagocytose astrocytaire se produit dans les cas de perte de sommeil chronique et aiguë, mais pas après un réveil spontané.

Bellesi a déclaré au New Scientist que c’est la première fois qu’une équipe scientifique met en évidence la relation de la destruction des synapses par les astrocytes avec la perte de sommeil. Cette hausse d’activité microgliale débridée a été liée à des maladies du cerveau comme la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de neurodégénérescence. D’où l’inquiétude des chercheurs quant aux effets d’un manque de repos sur la santé mentale, et la prédisposition à des formes de problèmes assez graves.

La question qui se pose à présent est celle de savoir comment rattraper ces dommages, et quelle est la possibilité de les réduire en récupérant ses heures de sommeil. Il est primordial de pousser les études encore plus loin pour aller au fond du problème, surtout avec l’évolution fulgurante du nombre de décès dus à la maladie d’Alzheimer, avec plus de 50% de cas en plus depuis 1999.


Partagez l'article

>