Quand « économie » rime avec « argent », aucune réforme économique ne peut se faire sans passer par la monnaie. Surtout lorsqu’il s’agit de lutte contre la corruption et l’évasion fiscale.

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Tous les pays du monde voudraient mettre fin à certaines pratiques clandestines dont le butin n’est autre que « l’argent noir », mais comment cela pourrait-il se faire ? Qu’est-ce qui serait susceptible de freiner l’économie souterraine, sans susciter la colère citoyenne ?

L’Inde a trouvé la réponse

Le premier ministre indien, Mr Narendra Modi a eu le courage d’instaurer une politique assez ambitieuse et audacieuse, par la même occasion. Il s’agit de la plus grosse dénomination de billets, dans le pays qui implique que 86% de la monnaie indienne serait dépourvu de sa valeur et ne pourrait plus être utilisé.

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Ces nouvelles dispositions ont été annoncées le 8 novembre dernier, quelques heures, à peine, avant leur entrée en vigueur.

Le gouvernement entend, par cette politique, lever le voile sur l’argent noir et en tirer le plus de bénéfices.

Le président Narendra Modi, responsable de cette opération contre la corruption. Visual Hunt.

En effet, l’économie souterraine représente 20% du PIB total de l’inde et cela est, principalement, dû au fait que, seul, un faible pourcentage des citoyens payait les impôts sur le revenu, d’autant plus que la majorité des transactions se faisait en espèce.

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Les Indiens, toutes classes confondues, ont réussi, ainsi, à échapper au fisc et à faire des économies loin de toute contrainte.

Cette politique fait partie du programme « aadhaar » qui vise à unifier l’identité indienne et à imposer une nouvelle taxe sur les produits, ainsi que sur les services.

Il est clair que la lutte contre l’évasion fiscale aura de nombreux bienfaits, d’un point de vue du développement économique et social. Cela, parce que les impôts, payés par la population, serviront à la construction d’infrastructures utiles pour tous.

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Service de Microfinance en Inde. Peter Haden/Flickr.

L’expérience se déroule dans de bonnes conditions

Si les autorités n’ont pas imposé de limite au montant pouvant être déposé à la banque jusqu’au 31 décembre, elles prévoient, toutefois, d’enquêter sur les dépôts dépassant les 250 000 roupies, à savoir si taxes ont bien été payées sur cet argent.

Dans le cas contraire, la personne en cause devra payer le montant total dû et une amende de 200% du même montant. Ce qui reviendrait à perdre la totalité de leur argent caché.

L’expérience du gouvernement semble réussir malgré les réticences de certains économistes qui doutent du bien fondé de l’introduction du billet de 2000 roupies. Selon eux, c’est un moyen supplémentaire de faire des affaires douteuses.

 D’un autre côté, la démonétisation causera certainement des désagréments aux petits entrepreneurs et commerçants qui seront sévèrement touchés.

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Cependant, elle semble convaincre les Indiens de rentrer dans le système bancaire, sans que ceux-ci se plaignent des longues files d’attente et des bouleversements liés à l’arrêt brutal des affaires, dans tout le pays. Les opérations se déroulent, d’ailleurs, dans le calme, jusqu’à présent.

Le seul petit souci qui pourrait entraver les opérations serait le manque en espèces, susceptible de causer un certain mécontentement chez les usagers.

On peut dire, aujourd’hui, que cette politique doit son succès au caractère confidentiel dans laquelle elle a été planifiée. Et cela n’aurait pas pu se faire, sans la discrétion des membres de l’instance chargée de cette mission. 

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