La mythologie et la littérature ouvrent l’imaginaire sur des monstres aux tailles démesurément grandes ou petites, ne citons que les cyclopes d’Homère et les Lilliputiens de Gullivers. Pourtant, la nature fut jadis elle-même habitée par des créatures ayant connu des gigantismes ou des nanismes aberrants.

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C’est ce que stipule la loi de Foster qui est le principe scientifique, mis en place par le biologique J. Bristol Foster, d’après lequel la taille d’une espèce donnée est amenée à changer selon les conditions où celle-ci évolue.

Si les exemples connus de l’application de cette théorie démontrent avec consistance le nanisme de certaines espèces telles que les mammouths et les cerfs, On se demande ce qu’il en est du gigantisme cauchemardesque des rongeurs type hamsters ou porcs-épics…

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Mise en test d’une ancienne théorie

Si on a longtemps douté de la véracité scientifique de la théorie de Foster, aussi appelée « l’effet île » concernant les rongeurs, une récente étude menée par des biologistes et anthropologues de l’Université de Duke a tenté d’y apporter des éclaircissements.

Pour ce faire, les Docteurs Paul Durst et Louise Roth ont analysé les données provenant de plus de 1000 rongeurs, dont des souris, des rats, des hamsters et des porcs-épics provenant de 55 îles autour du monde. Classé en plus de 60 espèces différentes, le poids de ces rongeurs varie grandement allant de 5 grammes pour le petit rat de moissons à l’énorme castor du Canada de 22 kg.

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Durst, le Docteur de l’Université de Caroline du Nord explique que « certains changements de taille notés sur les îles sont impressionnants ». Par exemple, les souris à pattes blanches sont presque deux fois plus grandes sur les îles Gulf au large des côtes de Vancouver que sur le territoire continental nord-Américain.

Un autre exemple est celui du rat du riz, les chercheurs croient qu’il est arrivé sur l’île de Cozumel depuis le Mexique et le Guatemala voisins. Le même constat se voit pour le rongeur asiatique appelé « l’écureuil de Finlayson» qui a vu sa taille rétrécir de moitié depuis son arrivée sur l’île thaïlandaise de Ko Lan. Le Docteur Drust le résume : « certains rongeurs ont tendance à devenir plus grands, tandis que d’autres rapetissent. »

Plusieurs facteurs ont été pris en compte pour répondre à la question qui taraudait les scientifiques : qu’est-ce qui a fait que certains hamsters triplent de taille tandis que d’autres écureuils rapetissent de moitié.

Les scientifiques ont pris en compte l’histoire naturelle de l’espèce, son interaction avec les autres espèces, sans oublier le régime alimentaire qui pourrait expliquer le gigantisme de celle-ci. Mais le facteur le plus important reste l’île en question notamment sa taille, sa diversité végétale et sa proximité des autres îles et de la terre ferme.

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Pixabay.

Le gigantisme insulaire : explications

Les conclusions de l’étude convergent vers une explication simple : l’évolution. C’est ce qui permet aux espèces de s’adapter à leur environnement, et dans ce cas, aux îles.

L’isolation géographique et les conditions climatiques jouent un rôle primordial dans le gigantisme ou nanisme insulaire. Par exemple, le nanisme est retrouvé dans les îles chaudes et sèches plutôt qu’humides et riches en végétation.

Un autre facteur clé déterminant quel rongeur subit un gigantisme et quel autre ne le subit pas est la taille originale de l’espèce. Dans ce contexte, le scientifique Drust précise que « la taille est un bon point de départ » ainsi, les grands animaux deviennent plus grands et les petits se voient rapetisser.

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L’étude menée par l’équipe de l’Université de Duke précise que les rongeurs dont la taille était inférieure à 253 grammes sur la terre ferme avaient tendance à subir un nanisme insulaire comme pour les castors, les marmottes, les écureuils et les hamsters.

Par contre, les rongeurs dont la taille initiale dépassait 253 grammes avaient tendance à devenir plus grands et plus imposants.


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