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Pourquoi le caca du grand cachalot vaut plus que de l’or


Les trésors que la Terre peut renfermer sont incalculables. Si nombreuses soient les réserves naturelles ayant vu leur quantité diminuer à cause du profit massif et anarchique, certaines sont encore à l’état « libres et méconnues ».

L’épuisement de certains gisements tels que ceux du gaz, du pétrole et même de l’or inquiètent les investisseurs. C’est pourquoi ils sont à la recherche de nouveaux horizons à exploiter : les produits d’origine animale sont malheureusement encore une proie idéale et la vie marine est particulièrement visée…

Un processus complexe

Tout ce qui brille n’est pas or, ceci est bien connu. Toutefois, le cas contraire existe et il est tout aussi intéressant. « L’or flottant » est une ressource naturelle qui suscite l’intérêt depuis de nombreux siècles. Elle porte d’autres noms nettement moins glamours tel que « le vomi de cachalot ».

Concrètement, ce n’est pas réellement du vomi, mais… des excréments. Ce n’est pas forcément mieux, mais la précision est de mise, car il s’agit en effet d’une concrétion qui se forme au niveau intestinal de l’animal marin et qui est évacuée par son anus. L’origine de la « matière » est l’interaction entre les sécrétions digestives et les parties indigestes et irritantes des calamars, tels que leur bec, qui constituent l’aliment de base des cachalots.

À son état brut, l’odeur et l’aspect du produit sont très répulsifs. Ce n’est qu’après des années de maturation dans l’océan que ces « excréments » gagnent en valeur. À ce stade, ils sont sous forme de pierre, légèrement cireuse, fortement odorante, mais surtout très rare : c’est le fameux ambre gris longtemps utilisé dans l’industrie du parfum pour son pouvoir fixateur.

Sa rareté justifie son prix d’achat absolument incroyable. Si les Arabes en ont fait une marchandise de valeur pendant le 8e et le 9e siècle et que chez les monarques européens c’était un cadeau inestimable, c’est désormais un marché illégal, bien que très juteux.

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Peter Kaminski, Wikipedia Commons

Défendu, mais tentant

Tomber sur de l’ambre gris échoué sur une plage est aussi inespéré que le fait de gagner à la loterie, bien que ça rapporte autant. Un couple anglais en a fait l’expérience en découvrant de l’ambre gris sur la plage de Middleton Sands, un morceau qui valait dans les 70 000 dollars.

Des experts de ce domaine mystérieux existent en Europe, mais surtout en Nouvelle-Zélande. Christopher Kemp, chercheur en biologie moléculaire et auteur du livre « Floating Gold: A Natural (and Unnatural) History of Ambergris », a expliqué que seulement un faible pourcentage de la population totale des cachalots produisait cette substance. Un petit 1 %, selon lui, qui finit par succomber à l’irritation.

La chasse de cette espèce protégée est totalement interdite à cause des risques de perturbation de son flux naturel. L’ambre gris a connu plusieurs utilisations à travers les siècles : traitement pour femmes enceintes, tonique, remède contre les maux de tête ou simplement brûlé comme encens.

Son prix a toujours varié selon son poids, la complexité de son odeur et son authenticité. Ce qui est sûr, c’est qu’il a également le pouvoir de changer des vies : Ken Williams, un Britannique sans emploi, a gagné 180 000 dollars grâce à sa trouvaille en 2013.