Avec le retour de Pennywise, le clown diabolique de Stephen King, dans le deuxième volet de la nouvelle adaptation, « IT Chapter Two », et la prochaine sortie du film, relatant pour la première fois la terrible histoire de l’origine du Joker, l’adversaire déjanté de Batman, on ne peut que s’attendre à ce que les clowns nous fassent encore plus peur que jamais.

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À vrai dire, une étude menée en 2008 en Angleterre avait déjà révélé que très peu d’enfants aiment réellement les clowns et que la tendance à décorer les services de garde d’enfants dans des hôpitaux avec des images de clowns n’était pas une si bonne idée. De même que beaucoup de gens détestent la mascotte de McDonald’s.

Mais d’où peut réellement provenir cette peur irrationnelle de ceux qui étaient autrefois, rappelons-le, les stars des anniversaires pour enfants ?

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Les personnages ressemblant à des clowns — comme les bouffons — existent depuis des milliers d’années. Mais ce n’est qu’au cours des années 1500 que le mot anglais « clown » est apparu pour la première fois avec Shakespeare pour décrire des personnages insensés dans plusieurs de ses pièces.

L’image du clown de cirque — au nez rouge, visage peint, perruque et vêtements excentriques — est née au 19e siècle et n’a que très peu changé au cours des 150 dernières années.

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PHOTOPQR/Belloumi

Dans son livre intitulé « Bad Clowns » publié en 2016, Benjamin Radford retrace l’évolution historique des clowns en tant que créatures menaçantes et imprévisibles.

Tout a véritablement commencé dans les années 70, avec l’arrestation du criminel (t-en série) John Wayne Gacy alias « Pogo le clown » dans les fêtes d’anniversaire. Et l’on peut dire qu’après ce fâcheux évènement, le lien entre les clowns et les comportements psychopathiques dangereux s’est à jamais figé dans l’inconscient collectif des Américains.

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Par la suite, d’autres cas de clowns malfaisants ont terrifié l’Amérique. Particulièrement pendant plusieurs mois en 2016 où les rapports ont émergé d’au moins 10 états différents. 

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En Floride, des clowns diaboliques ont été repérés au bord de la route. En Caroline du Sud, des clowns auraient tenté d’attirer des femmes et des enfants dans les bois.

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Un clown étrange et effrayant pris en photo au lac Orion, au Québec/WXYZ Detroit

Durant la même année, la psychologue Sara Koehnke a publié dans la revue New Ideas in Psychology une étude intitulée « Sur la nature de l’effroi ».

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Bien que l’étude ne se soit pas penchée spécifiquement sur la peur des clowns, une grande partie de ce qui a été découvert pourrait aider à expliquer ce phénomène intrigant. Et lorsqu’il a été demandé aux participants d’évaluer la chair de poule qu’ils pouvaient avoir vis-à-vis de différentes professions, celle qui figurait au sommet de la liste était celle des clowns.

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Il s’agit de la première étude empirique sur la « creepiness », recrutant 1341 volontaires âgés de 18 à 77 ans pour répondre à un sondage en ligne.

Les résultats montrent que les personnes que nous percevons comme étant effrayantes sont beaucoup plus susceptibles d’être des hommes que des femmes, que l’imprévisibilité est un élément important de l’effroi et que des schémas inhabituels de contact avec les yeux ou d’autres comportements non verbaux nous déstabilisent complètement.

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Aussi, des caractéristiques physiques inhabituelles ou étranges telles que des yeux exorbités, un sourire particulier ou des doigts excessivement longs ne suffisent pas à rendre une personne effrayante. Mais elles peuvent amplifier toute autre tendance inquiétante que la personne pourrait manifester.

Les résultats concordent également avec la théorie selon laquelle « avoir peur » est une réponse à une menace ambigüe — à une incertitude quant à la menace.

Il serait par exemple considéré comme impoli de fuir en plein milieu d’une conversation avec quelqu’un qui nous paraît étrange, mais qui est en réalité inoffensif ; et en même temps, il pourrait être périlleux d’ignorer notre intuition et de nous engager avec cet individu s’il s’avère être véritablement dangereux. Et c’est cette ambivalence qui nous laisse figer sur place — mal à l’aise.

D’un point de vue évolutif, ce comportement pourrait signifier que les humains se sont adaptés afin de pouvoir rester vigilants pendant une situation qui pourrait constituer une menace.

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Rami Nader — un autre psychologue qui a étudié la coulrophobie, la peur irrationnelle des clowns —, pense que cette phobie est alimentée par le fait que les clowns portent des maquillages et des déguisements qui cachent leurs véritables identités et sentiments. Ce qui correspond parfaitement à l’hypothèse de Sara selon laquelle c’est l’ambiguïté inhérente aux clowns qui les rend effrayants.


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