L’importance des différentes vitamines pour notre organisme n’est plus à démontrer. De la vitamine A à la vitamine K, en passant par les vitamines B, D et E, chaque classe a un rôle essentiel dans diverses fonctions vitales du corps humain. De ce fait, un déficit en l’une ou l’autre de ces vitamines peut être responsable de troubles, parfois graves et irréversibles.

C’est le cas du déficit en vitamine D qui est la conséquence d’une exposition insuffisante aux rayonnements du soleil. Cette carence est susceptible d’affecter le cerveau de plusieurs façons en détériorant principalement les fonctions cognitives de l’individu.

Atteinte des connexions entre les neurones

De prime abord, une carence en vitamine D semble peu probable tant la plupart des gens dans le monde sont en mesure d’absorber la dose nécessaire en exposant quotidiennement leur peau à l’extérieur, ou de consommer des aliments riches en cette vitamine ou des suppléments peu coûteux. Néanmoins, les statistiques montrent que plus d’un milliard d’individus dans le monde sont atteints par un déficit en vitamine D.

Le Dr Thomas Burne de l’Université du Queensland a recherché les effets d’un déficit en vitamine D en réalisant une expérience sur des rats adultes en bonne santé. Il s’est rendu compte qu’en privant ces rongeurs de cette vitamine, leurs réseaux périneuronaux ont été endommagés, leur nombre ayant même baissé de moitié dans la région de l’hippocampe.

Ces réseaux ont pour le cerveau un rôle d’échafaudages. Ceci, car ils œuvrent à la stabilité des neurones importants et à créer des connexions entre eux.

Les scientifiques ont observé une diminution du nombre et de la qualité des connexions entre les neurones ayant perdu leurs réseaux. Ainsi, dans des articles parus dans « Brain structure and function » et « Trends in Neuroscience », le Dr Burne et ses collaborateurs avancent que la vitamine D avait le potentiel de protéger contre les enzymes qui détruisent ces réseaux.

Public Domain, Pxhere

Impact sur l’apprentissage

Burne a précisé sur IFLScience que les réseaux périneuronaux n’offrent pas que des avantages à notre cerveau. En effet, dans certaines parties de celui-ci, ils auraient un rôle inhibiteur de l’apprentissage et des études ont démontré que leur suppression était une bonne chose pour les individus qui souffrent de la maladie d’Alzheimer.

Toutefois, dans l’hippocampe, région la plus touchée par ces pertes, un échafaudage solide est impératif pour la formation de la mémoire.

Les rats carencés de Burne étaient par conséquent moins aptes à apprendre que leurs homologues disposant d’un pool suffisant en vitamine D et de réseaux périneuronaux intacts.

La partie la plus stupéfiante de cette étude était sans doute le fait que le côté droit de l’hippocampe des rats soit plus atteint que le côté gauche. Ce phénomène est inexpliqué, mais Burne avance que « l’hippocampe droit a un rôle très important dans la perception de la réalité », ceci pourrait expliquer pourquoi une carence en vitamine D avant la naissance serait liée à la survenue de schizophrénie.

« Nous sommes très heureux d’avoir découvert que ces réseaux peuvent se modifier chez les rats adultes », confie Burne. « J’espère que leur caractère dynamique permettra de les reconstruire, ce qui nous ouvrira de nouvelles perspectives thérapeutiques. »


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