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Pourquoi le fait d’oublier des choses est un signe d’intelligence, selon une étude


Pourquoi le fait d'oublier des choses est un signe d'intelligence, selon une étude - societe, psychologie - Université de Toronto, Sujet (philosophie), Souris, science, santé, Neurophysiologie, Labyrinthe, intelligence, Information, Individu, expérience, Dilemme, cerveau, Amnésie
Alexis Mire/Flickr.

D’un point de vue général, nous imaginons souvent les personnes les plus intelligentes comme étant celles qui ont une capacité extraordinaire à se souvenir de tout ce qu’elles apprennent.

À l’inverse, les gens qui ont une mémoire trop peu développée et qui se veulent tête-en-l’air sont perçues comme les moins malins.

Après tout, qu’est-ce que l’intelligence si ce n’est le fait d’avoir de vastes connaissances dans multiples domaines ? nous dira-t-on.

Sauf que malgré ce que nous pouvons penser, le fait d’oublier est loin d’être une tare, bien au contraire, et les études qui prouvent que c’est là une marque d’intelligence sont nombreuses…

Des recherches on ne peut plus probantes sur la question

Mené par un petit groupe de scientifiques de l’Université de Toronto au Canada, un rapport démontre qu’en plus d’être un phénomène tout à fait normal, oublier certaines choses nous rend plus intelligents.

« Il est important que le cerveau oublie les détails non pertinents pour se concentrer sur les éléments qui vont aider à prendre des décisions dans le monde réel », déclare le Professeur en neurophysiologie et auteur principal de l’étude Blake Richards.

Pour en arriver à cette conclusion étonnante, l’équipe des scientifiques a examiné de très près la littérature scientifique qui traite de l’activité cérébrale, et plus particulièrement le fonctionnement de la mémoire.

Après avoir compilé les données les plus probantes et les plus récurrentes sur le sujet, ils se sont rendu compte que chez l’être humain, c’est justement grâce à l’oubli qu’il peut littéralement libérer de l’espace dans son cerveau de sorte à apprendre des informations inédites encore plus importantes et utiles que les précédentes.

En effet, lorsque notre hippocampe (la zone cérébrale responsable de l’apprentissage) créé de nouvelles cellules, il efface délibérément certains détails pour laisser la place à d’autres, plus récents.

« Au lieu de stocker ces informations non pertinentes que nos téléphones peuvent stocker pour nous, notre cerveau est libéré pour stocker les souvenirs qui importent réellement pour nous », explique le Professeur Richards avant d’ajouter que « si vous oubliez des détails occasionnels, c’est probablement le signe que votre système de mémoire est en parfaite santé et qu’il fait exactement ce qu’il est censé faire ».

Un phénomène contre-intuitif certes, mais bien réel

Ainsi, cette amnésie volontaire de la part de notre cerveau nous rend plus intelligents surtout dans le sens où elle nous permet de prendre de meilleures décisions.

Selon les auteurs, l’objectif principal d’une bonne mémoire et de l’intelligence n’est pas tant de se rappeler du maximum d’informations possible, mais c’est avant tout l’aptitude d’un individu à opter pour la meilleure alternative possible lorsqu’il se retrouve face à un choix ou à un dilemme.

« Nous idéalisons toujours la personne capable de donner le plus de bonnes réponses lors d’un quizz, mais le point fort de la mémoire n’est pas vraiment de savoir qui a remporté la coupe Stanley en 1972. Le but de la mémoire est de faire de vous une personne intelligente qui puisse prendre des décisions en fonction des circonstances, et un aspect important pour vous aider à y parvenir est de pouvoir oublier certaines informations », explique le Professeur Richards.

D’ailleurs, le co-auteur de ladite étude Paul Frankland a mené une expérience sur un groupe de souris qui confirme qu’omettre quelques détails nous permet effectivement d’être plus ingénieux.

Après avoir appris à plusieurs rongeurs la solution d’un labyrinthe, la moitié d’entre eux ont été drogués de manière à ne plus avoir aucun souvenir du chemin de la sortie.

Curieusement, en changeant de labyrinthe, il s’avère que les souris droguées ont toutes trouvé la bonne trajectoire, et ce bien avant celles qui avaient encore en mémoire la solution du labyrinthe précédent.