Même si les goûts et les couleurs ne se discutent pas et varient grandement d’une personne à une autre, il faut quand même bien avouer que certaines senteurs mettent tout le monde d’accord.

C’est pourquoi peu de gens vous diront qu’ils aiment celle des aliments pourris par exemple, tandis que l’odeur des cookies chauds tout juste sortis du four ou de la pluie fraîche qui tombe pendant une journée d’été se veulent ô combien agréables.

En ce qui concerne cette dernière, les chercheurs se sont justement penchés sur ce qui fait que les averses dégagent cette fragrance si unique, et la raison risque fort de vous étonner…

Une question qui a longtemps intrigué la communauté scientifique

La question de la senteur si délicate qui accompagne certaines pluies ne date pas d’aujourd’hui et nombreux sont les chercheurs qui ont tenté de percer ce mystère à jour.

Ainsi, en 1964 déjà, un groupe de scientifiques australiens a commencé à analyser le phénomène, suivi plus tard par les experts du MIT qui, grâce à leur étude, nous expliquent exactement comment il se déroule.

Alors que nous avons instinctivement tendance à penser que cette odeur est tout simplement celle de la terre qui s’imprègne de l’eau, la réponse est en fait un peu plus compliquée et ne s’arrête pas à la seule combinaison de ces deux éléments.

En réalité, elle est due à ce que l’on appelle pétrichor, un processus chimique qui a lieu lorsque les molécules d’eau rencontrent le sol sec et durant lequel des huiles d’origine végétale sont libérées.

Mais pour que le pétrichor puisse se produire, il est nécessaire qu’un type spécifique de bactéries, les actinobactéries, soient présentes au préalable.

Ces actinobactéries sont connues pour deux choses bien distinctes.

Premièrement, pour décomposer les matières organiques inactives, et deuxièmement, pour produire de la géosmine, une forme d’alcool qui, associé à la terre, sent aussi bon.

Beginner Nandhu, Wikipedia Commons

Un phénomène qui répond à certaines conditions très précises

Quand les gouttes de pluie s’abattent par terre, ces dernières expulsent des aérosols, autrement dit de très fines particules qui restent en suspension dans notre atmosphère, entraînant inéluctablement d’autres matières avec elles, dont des actinobactéries et de la géosmine.

Transportés par le vent jusqu’à nos narines, ces aérosols permettent l’apparition de ce parfum si singulier que, visiblement, nous chérissons tout particulièrement.

Par contre, et vous l’avez sûrement déjà remarqué à maintes reprises, nous n’avons pas toujours la chance de pouvoir le sentir, et pour cause : il ne peut se dégager qu’à condition que le sol soit légèrement poreux, comme c’est le cas du béton qui tapisse nos rues ou des campagnes où la terre est largement présente.

De la même manière, lorsque nous connaissons des périodes de pluie très abondante qui s’étalent sur plusieurs heures ou sur plusieurs jours, le pétrichor ne peut pas se faire sentir aussi vivement que si le sol était parfaitement sec juste avant, pour la simple et bonne raison que les actinobactéries sont comme immobilisées, anesthésiées durant la sècheresse, attendant alors avec impatience que les molécules d’eau leur permettent de décomposer les cellules inactives et de générer de la géosmine.

Mais en leur offrant trop d’eau sur une longue durée, leur capacité à produire de la géosmine est, inévitablement, amoindrie et nous empêche de pouvoir sentir cette fragrance si spéciale.


Partagez l'article

>