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Pourquoi cette ville de 15 millions d’habitants ne cesse de se faire engloutir


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ENSIE & MATTHIAS

L’Asie représente l’ensemble continental le plus important de la surface du globe et c’est aussi le continent le plus peuplé avec environ la moitié de la population mondiale. Cependant, plusieurs de ses métropoles sont touchées par un phénomène qui se caractérise par l’abaissement de leurs surfaces suite à une perte de soutien.

Téhéran est la ville la plus peuplée d’Asie occidentale. Cette capitale iranienne et sa périphérie font partie des cités qui subissent ce que les géophysiciens appellent une subsidence, un lent affaissement de la croûte terrestre. Cela peut être dû à un développement démographique important, la conséquence d’une exploitation excessive des nappes phréatiques ou encore les deux.

Téhéran s’enfonce

La capitale de l’Iran, avec ses 15 millions d’habitants, s’enfonce de façon alarmante. Le sol bouge et il se pourrait, sur le long terme, que cela fasse disparaître certains quartiers de la mégapole.

Selon une équipe de scientifiques, Téhéran connaît depuis une quinzaine d’années un affaissement significatif qui semble s’accentuer davantage.

À l’aide de données satellitaires, des chercheurs du GFZ German Research Centre for Geosciences à Potsdam, ont analysé l’ampleur de ce phénomène dans la région entre 2003 et 2017. Ils ont révélé qu’environ 10 % du centre de la capitale ainsi que de nombreux villages voisins situés au nord-ouest sont concernés par cet enfoncement.

Pour repérer la moindre variation topologique, glissement, soulèvement ou affaissement, ils ont eu recours à un instrument, appelé « radar à synthèse d’ouverture interférométrique » (InSAR), qui a permis d’identifier les régions les plus atteintes.

Les quartiers ouest s’enfoncent de 25 centimètres/an. De même pour la plaine de Varamin, au sud-est de la ville, tandis que la zone aéroportuaire à 70 km au sud-ouest s’affaisse de 5 centimètres/an.

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Causes probables

Plusieurs facteurs semblent amplifier l’enfoncement. Les spécialistes pointent avant tout l’exploitation des nappes phréatiques (sources d’eau) ainsi que l’accroissement de la population de la ville qui a doublé au cours des 40 dernières années.

« Au cours des dernières décennies, la croissance démographique rapide associée au développement urbain et industriel ont accru le besoin d’approvisionnement en eau dans la plaine de Téhéran. » expliquent-ils. Selon eux, elle subit un enfoncement rapide des terres en raison de l’épuisement intensif des eaux souterraines.

La construction de nombreux barrages au profit de l’agriculture a elle aussi contribué à l’amenuisement des aquifères entraînant non seulement des pénuries en eau, mais engendrant également des affaissements importants.

« Le niveau moyen des eaux souterraines à Téhéran a diminué d’environ 12 mètres entre 1984 et 2011. » soulignent les experts. Ils précisent que les fissures dans les murs, les dommages causés aux bâtiments ainsi que les effondrements sont une preuve du compactage induit par les nappes phréatiques.

Des observations ont révélé que l’état du sol n’évoluait pas, même après des pluies intenses, ce qui suggère que la porosité de la roche permettant la régénération des eaux pourrait être perdue de façon permanente.

Pour lutter contre ce problème, les autorités iraniennes tentent de réguler l’extraction de l’eau, mais la tâche est complexe. « La science et la recherche pourraient aider les administrations iraniennes et les gouvernements à réviser leur politique de gestion de l’eau pour un développement durable. », a déclaré Mahdi Motagh, chercheur en géodésie.