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On sait enfin pourquoi les gens se rongent les ongles, et ce n’est pas pour la raison que tout le monde connait


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Steven Vacher, Flickr

En médecine, le fait de se ronger les ongles de manière répétée s’appelle l’onychophagie.

Cette manie, qui touche entre 20 et 30 % de la population, est très souvent inconsciente et la plupart des personnes qui en souffrent ont beaucoup de mal à arrêter, et ce malgré la douleur, les blessures et le sentiment de gêne, voire de honte dans certains cas que ce trouble engendre sur le long terme.

Si se ronger les ongles est une mauvaise habitude qui a toujours existé, la psychologie en revanche ne s’est intéressée à cette pratique que récemment, au cours des toutes dernières décennies : les théories qui tentent d’expliquer la raison pour laquelle tant de gens se rongent les ongles sont certes nombreuses, mais les conclusions des nouvelles études en la matière semblent bien loin de tout ce que nous avons pu entendre auparavant…

D’autres raisons

Durant longtemps, les psychologues affirmaient que l’unique raison pour laquelle certaines personnes se rongent les ongles est l’anxiété.

Cette théorie est cependant incomplète et la réalité est en fait bien plus compliquée que cela : selon une nouvelle étude, les causes de ce trouble du comportement mineur ne sont pas nécessairement liées au stress.

Se ronger les ongles est également un moyen de faire face à l’ennui : ici, il est essentiel de comprendre qu’en réalité, l’onychophagie n’est pas l’expression d’un stress, mais davantage un moyen d’apaisement, comme l’explique la psychiatre Tracy Foose.

De plus, il s’avère que se ronger les ongles est considéré comme un réflexe animal et non plus comme une « très mauvaise manie » propre à l’Homme. D’ailleurs, une étude américaine démontre que, tout comme les rats, nous nous rongeons les ongles en cas de frustration extrême.

Enfin, il existe un lien entre l’onychophagie et le perfectionnisme : d’après une équipe de chercheurs en psychiatrie expérimentale, plus une personne est perfectionniste, plus le risque de se ronger les ongles est présent.

« Nous pensons que les individus avec ce comportement peuvent être perfectionnistes. Ils sont donc enclins à la frustration, à l’impatience et à l’insatisfaction lorsqu’ils n’atteignent pas leurs objectifs. » déclare le Professeur en Psychiatrie à l’Université de Montréal Kieron O’Connor.

Cependant, si vous êtes onychophage et que vous ne ressentez ni d’anxiété, ni êtes particulièrement perfectionniste, la raison pourrait se cacher ailleurs…

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Maxwell GS, Flickr

La prédisposition à l’onychophagie

Il peut arriver parfois qu’une personne se ronge les ongles sans pour autant que cela soit en rapport avec ses émotions ou son inconscient, souvent dès l’enfance.

D’après l’étude menée par le Professeur en dermatologie spécialiste en onychophagie Shari Lipner et son équipe, il y a de fortes chances pour que ce trouble soit plutôt d’ordre génétique : ainsi, près d’un onychophage sur trois affirme avoir un ou plusieurs membres de sa famille très proche qui se ronge les ongles.

Par contre, si ce TOC (trouble obsessionnel compulsif) se déclare durant l’enfance, cela peut aussi provenir de la manière d’appréhender le monde qui nous entoure : lorsque l’on est jeune, nous n’avons pas nécessairement le même regard sur la société, sur les interactions et ne ressentons pas les mêmes pressions sociales que nous ressentons une fois devenu(e)s adultes.

Physiologiquement, il faut savoir que le cortex préfrontal d’un enfant est nettement moins développé que celui d’un adulte, et c’est pourquoi les jeunes sont plus impulsifs, plus à l’écoute d’eux-mêmes et de leurs envies : tandis qu’une personne adulte aura tendance à se rétracter alors qu’elle désire se ronger les ongles en public, le jeune enfant, quant à lui, n’aura que faire des regards et des jugements, se laissant aller à sa pulsion jusqu’à ce que cela devienne une « mauvaise habitude » difficile à arrêter une fois qu’il aura grandi.