C’est en jouant chez lui avec une tringle de rideau qu’un neuroscientifique a découvert qu’il lui était possible de ressentir un objet sans même le toucher ou le regarder.

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Et c’est suite à cette étrange impression que le Dr Luke Miller a décidé d’en apprendre davantage sur ce qu’il appelle une sorte d’extension sensorielle durant laquelle notre cerveau nous permet de détecter les choses sans les effleurer.

Dr Luke Miller et son équipe de l’Université de Claude Bernard Lyon 1 en France sont à l’origine d’une étude publiée en 2018, qui a eu pour conclusion que les humains avaient le pouvoir d’identifier un objet en le mettant en contact avec un outil portable.

En effet, sans que l’objet ne touche la peau, le cerveau arrive à deviner de quoi il s’agit ! Comment cela est-il possible ?

L. Miller révèle que la partie du cerveau qui détecte le toucher fonctionne de la même façon sur l’outil manipulé pour toucher un objet. Il explique alors que l’outil en question devient une extension sensorielle du corps humain. 

Pour réaliser cette recherche, 16 sujets droitiers ont été étudiés dans un premier temps par les experts de l’Université. Ils devaient déterminer si l’emplacement touché par une tige d’un mètre de long était le même après deux touchers. Ils ont fait preuve d’une parfaite précision dans 96 % des cas. 

Viktor Talashuk/Unsplash

Dans un deuxième temps, des électrodes ont été posées sur le cuir chevelu des 16 participants afin de mesurer et d’enregistrer leur activité cérébrale.

Ils ont pu constater que le cortex pariétal postérieur et somatosensoriel primaire étaient sollicités à chaque fois que l’objet était touché. 

Les conclusions de cette étude montrent que la détection du toucher au niveau des outils implique les mêmes processus neuronaux pour la localisation du toucher sur la peau. C’est ce qu’a expliqué Alessandro Farnè, Professeur au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon. 

Il ajoute que les êtres humains sont capables d’identifier des objets par le biais d’un outil de façon efficace en utilisant, sans qu’ils ne s’en rendent compte, les mêmes mécanismes neuronaux engagés dans la détection du toucher à travers l’épiderme. 

Un chercheur de l’Université du Missouri ayant réalisé plusieurs études sur la neuroprothèse, mais qui n’a pas participé à cette étude a déclaré qu’il s’agissait d’un excellent travail.

Scott Frey a, effectivement, affirmé que les conclusions des examens effectués par Luke Miller et ses collègues pourraient ouvrir les portes à bon nombre d’innovations en matière de conception de prothèses. 

Il souligne que ces conclusions peuvent inspirer une nouvelle utilisation des objets dans la détection des informations et dans leur relai vers le système somatosensoriel.

Ce ne sont, bien évidemment, que des suggestions émises par Scott Frey dans l’objectif d’attirer l’attention des créateurs de prothèses sur les résultats de cette recherche. 


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