Le cerveau, malgré la science qui ne cesse de se développer au fil du temps, reste l’un de ces mystères que nous avons encore du mal à percer aujourd’hui, et pour cause : bien que le mythe qui raconte que nous n’utilisons que 10 % de nos capacités cérébrales soit totalement faux, le fait est qu’il reste l’un des organes les moins connus, mais surtout le plus complexe de notre organisme.

Publicité

Cependant, la communauté scientifique a très récemment fait une découverte qui nous permet d’en savoir un peu plus sur son mode de fonctionnement, et plus particulièrement en ce qui concerne sa méthode d’apprentissage…

Une étude qui en dit long sur notre cerveau

Menée par une équipe de scientifiques chinois en collaboration avec l’Université de Stanford, une étude a prouvé que le noyau paraventriculaire de l’hypothalamus (abrégé en « PVN ») joue un rôle beaucoup plus important que ce que l’on croyait jusqu’alors en matière d’apprentissage.

En effet, avant la découverte des chercheurs, nous pensions que le PVN servait uniquement à réguler nos comportements liés à la faim, au sexe ou au stress : or, il semblerait qu’il serve aussi à trier et à classer les informations dans notre cerveau.

Ainsi, le Professeur Xiaoke Chen et son équipe ont analysé le comportement du PVN d’un large groupe de souris.

Au début de l’expérience, le Professeur leur a appris à associer des odeurs à des situations bien précises : alors qu’elles étaient assoiffées, une odeur spécifique précédait une gorgée d’eau.

À force, dès qu’elles sentaient cette odeur, les souris savaient qu’elles allaient pouvoir étancher leur soif.

Une autre odeur précédait une bouffée d’air très désagréable, et encore une fois, les rongeurs savaient parfaitement qu’à partir du moment où elles la reniflaient, elles n’échapperaient pas au vent violent : ici, la moitié des cellules de leur PVN s’intéressaient au signal de la soif, et l’autre moitié à celui-là bouffée d’air.

Polarqueen, Wikipedia Commons

Ensuite, la bouffée d’air a été remplacée par une légère décharge électrique, encore plus désagréable : contre toute attente, les scientifiques se sont aperçus que subitement, les cellules nerveuses du PVN se sont divisées en 3 groupes : celui qui attend la soif, l’autre la bouffée d’air et le dernier qui signale la décharge électrique.

Une découverte utile pour la suite

« Nous avons montré que les cellules thalamiques jouent un rôle très important dans la surveillance de la signification comportementale des stimuli, ce que personne n’avait encore fait auparavant. Les neuroscientifiques disposent [maintenant] d’une nouvelle façon de contrôler l’apprentissage » déclare fièrement le Professeur Chen.

Effectivement, tout porte à croire que le PVN est déterminant dans la hiérarchisation des informations.

Pour en avoir le cœur net, le Professeur est allé jusqu’à modifier le patrimoine génétique de plusieurs souris en faisant en sorte de pouvoir contrôler leur PVN grâce à la lumière : une fois de plus, la qualité de l’apprentissage des souris dépendait grandement du PVN.

D’après le Professeur Chen, cette découverte peut être particulièrement intéressante pour aider les individus atteints d’addictions (toxicomanes, fumeurs, alcooliques…) : en plus des psychothérapies, des lourds traitements médicamenteux qu’ils doivent suivre et de la force psychologique que demande la guérison d’une addiction, la solution pourrait résider dans la simple modification du PVN.

En d’autres termes, il suffirait de leur désapprendre les effets positifs qu’ils ressentent lorsqu’ils consomment de la drogue, des cigarettes ou de l’alcool par exemple.


Partagez l'article

>