Notre corps se souvient de tout. Chaque évènement qui le marque y laisse une trace ancrée à jamais. De la mémoire aux cicatrices, tout est soigneusement archivé. Étonnamment, nos dents auraient leur rôle à jouer pour écrire notre histoire.

Comparables aux cernes d’arbres qui sont façonnés selon l’environnement et le climat, les aléas de la vie d’un être humain affectent le modelage des couches de ses dents. Le stress, un accouchement ou même la ménopause ont donc un impact sur leur état.

Ce fait assez surprenant attise la curiosité des scientifiques, qui, jusque là, ne connaissaient pas l’archive biologique que représentent nos dents tout au long de notre existence, avoue Paola Cerrito, co-auteure de la recherche menée par l’Université de New York.

L’étude a été faite sur 15 sujets, tous décédés. Cerrito et ses collègues ont analysé 47 de leurs dents. Et comme les couches de la partie externe de celles-ci cessent de se développer lorsque leur formation est complète, ils se sont intéressés à leur cément dentaire.

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Cément et dentine au microscope à lumière polarisée/Paola Cerrito

Ce tissu, qui relie la dent à la gencive et qui en enveloppe la racine, est sensible à la lumière et réagit donc à ses variations d’intensité. Grâce à un microscope utilisant la technique de lumière polarisée, ils ont réussi à déchiffrer certaines des informations qui y étaient « stockées ».

Cerrito remarque tristement que les individus ayant fait de la prison juste avant leur mort ont subi un stress physiologique qui a gravement affecté leur cément.

Elle note également des modifications sur les dents d’une jeune femme qui aurait déménagé de la campagne à la ville, mais pas sur une personne qui aurait eu un accident épisodique. Elle en conclut donc que ces dernières n’enregistrent que les évènements qui durent sur le long terme.

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Anneaux de la dentine/Paola Cerrito

Une fois les recherches approfondies, cette découverte va aider les experts dans divers domaines à avancer dans leurs études. L’archéologie est la principale concernée par cette percée scientifique. 

Elle permettra aux spécialistes de mieux comprendre le mode de vie d’anciennes civilisations, allant de leurs statuts sociaux à des détails plus ou moins personnels, tels que la fertilité et la ménopause, entre autres.


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