Vous avez l’impression que les enfants, le travail ainsi que votre conjoint.e vous donnent des cheveux gris ? C’est possible. Le stress a toujours été mis en cause dans ce genre de situation et l’Histoire peut en témoigner.

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Le chignon de Marie Antoinette, par exemple, serait devenu blanc comme neige la nuit précédant son exécution.

Le sénateur John McCain aurait, lui aussi, perdu la couleur de ses cheveux pendant la période de son emprisonnement au Viet Nam.

D’une simple légende à un fait scientifique 

Une étude effectuée par un groupe de chercheurs de Harvard publiée dans Nature explique comment le stress peut être responsable de l’apparition des cheveux gris. En fait, c’est en provoquant des dommages aux cellules souches régénératrices de pigments dans les follicules pileux.

Compte tenu du fait que l’anxiété affecte l’ensemble du corps, les scientifiques ont d’abord déterminé les systèmes impliqués. Leur hypothèse était que le stress attaque l’immunité des cellules productrices de pigments.

Cependant, l’expérience a révélé que les souris présentaient des cheveux grisonnants, même sans les cellules immunitaires. Alors, les experts ont pensé à l’hormone cortisol, mais une fois de plus, cela ne les a pas menés bien loin.

En effet, ils ont été surpris de voir que le retrait de la glande surrénale de l’animal n’avait pas empêché ses poils de virer au gris sous l’effet de la peur.

Après l’élimination de diverses possibilités, les scientifiques ont décidé d’explorer le système nerveux responsable de la réaction de combat ou de fuite du corps.

C’est ainsi qu’ils ont découvert que le stress amène les nerfs sympathiques à libérer la noradrénaline chimique, absorbée par les cellules souches régénératrices de pigments à proximité.

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Ces dernières se transforment en cellules productrices de pigments qui colorent les cheveux pendant leur régénérescence.

Friedhelm Brandenburg / Pixabay

Un phénomène enfin expliqué

Par ailleurs, les chercheurs ont affirmé que la norépinéphrine des nerfs sympathiques active excessivement la conversion des cellules souches en cellules productrices de pigments. Cela épuise irréversiblement le réservoir.

L’auteur principal de l’étude, Bing Zhang, constate que le stress aigu peut entraîner une déplétion permanente des cellules souches.

Le processus qui a permis de relier l’angoisse au grisonnement a nécessité la manipulation des organes, des nerfs et des récepteurs cellulaires.

Pour ce faire, les chercheurs ont d’abord analysé la réaction du corps entier pour ensuite se concentrer sur les systèmes d’organes individuels, autrement dit sur l’interaction de cellule à cellule jusqu’à la dynamique moléculaire.

Zhang et ses collègues ont collaboré avec un bon nombre de scientifiques, dont Isaac Chiu, Professeur adjoint d’immunologie à la Harvard Medical School et spécialiste en interaction entre les systèmes nerveux et immunitaires.

La recherche a appris à Chiu et à ses équipiers que les neurones peuvent non seulement contrôler les cellules souches et leur fonction, mais en plus, expliquer comment ils interagissent au niveau moléculaire.

Bien évidemment, les résultats de ces travaux aident à comprendre les effets du stress sur divers organes et tissus, ce qui inspirera — espérons — de nouvelles études visant à combattre ses méfaits.


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