Les informations autour du nouveau coronavirus sont restées mitigées depuis son apparition à la fin de 2019. Ses symptômes n’ont été élucidés qu’après de longues recherches. Parmi les signes d’une infection par le SRAS-CoV-2, une perte de l’olfaction ou anosmie. Les scientifiques ont ignoré jusque là par quel mécanisme cela était possible, mais les études récentes apportent des réponses.

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L’anosmie survient généralement lors des infections virales des voies respiratoires supérieures. Le COVID-19, le SRAS et le MERS sont des affections non mortelles causées par les coronavirus, mais sont à l’origine d’une perte du sens de l’odorat.

Ceci s’explique le plus souvent par un nez bouché, empêchant les molécules d’arôme d’atteindre les récepteurs olfactifs. Après la disparition des symptômes d’un rhume, le malade récupère la fonction de son nez.

Par ailleurs, cette manifestation est différente dans le cas du SRAS-CoV-2. Après avoir subitement perdu le sens de l’odorat, certains patients déclarent l’avoir retrouvé après quelques jours seulement, d’autres après plusieurs semaines. En revanche, plusieurs personnes affirment que leur nez n’était pas bouché pendant qu’ils souffraient d’anosmie.

À l’aide de techniques de tomodensitométrie du nez, les chercheurs ont pu apercevoir ce qu’ils appellent « syndrome de la fente » au niveau de la zone responsable de l’odorat dite « fente olfactive ». Celle-ci est encombrée par du mucus et des tissus gonflés et mous.

Coupe transversale de la cavité nasale humaine. En jaune : le bulbe olfactif et ses ramifications nerveuses.
Wikipedia Commons

Le SRAS-CoV-2 pénètre dans le corps par le biais des récepteurs ACE2 qui se trouvent à la surface des voies respiratoires supérieures. À l’aide de la protéine TMPRSS2, le virus rentre dans la cellule, se réplique, et déclenche la réaction inflammatoire.

Le mécanisme d’action établi au départ était que le virus empêche la transmission du signal de l’odorat au cerveau, en détruisant les neurones olfactifs. Or, il a été démontré que la protéine ACE2 ne se situait pas sur ces derniers, mais plutôt sur des « cellules sustentaculaires » qui les soutiennent.

Il est alors probable que ce soit ces structures-là qui sont endommagées par le SRAS-CoV-2, engendrant un gonflement de la zone sans altérer les neurones qui s’y trouvent. À la fin de la réaction immunitaire, la fente olfactive est à nouveau dégagée et le patient récupère le sens de l’odorat.

Dans le cas d’une inflammation sévère, les molécules libérées par le système de défense peuvent endommager les tissus, notamment les cellules responsables de la transmission des signaux au cerveau. La récupération de la fonction olfactive nécessitera alors leur régénération à partir de populations souches dans la muqueuse du nez, un processus assez lent. 

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Toutefois, le sens de l’odorat est le plus souvent altéré, ce que l’on appelle « parosmie ». Les différentes senteurs ne sont plus perçues comme elles le sont réellement.

L’olfaction est un aspect assez négligé par la médecine comparativement à d’autres fonctions. Son implication dans la pandémie du COVID-19 amènera probablement les chercheurs à approfondir leurs études sur la physiothérapie pour le nez.

Étant donné la capacité de régénération des cellules de l’odorat, un traitement par l’exposition fréquente aux mêmes parfums peut être bénéfique pour les patients atteints du COVID-19 et ayant perdu la capacité de sentir.


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