Une nouvelle expérience qui sera sans doute sujette à de nombreuses controverses vient de révolutionner le monde de la génétique. Au risque d’aller à l’encontre de toutes les lois éthiques qui régissent la science, un groupe de chercheurs a effectué des manipulations fascinantes dans le but de transformer le cerveau d’un singe vers un cerveau humain. Le plus surprenant est qu’ils ont bel et bien réussi ! 

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En effet, des généticiens allemands et japonais ont publié leur extraordinaire découverte dans la revue Science. Ils sont parvenus à modifier l’évolution du cerveau de plusieurs ouistitis en accroissant le volume du cortex sur les embryons. Pour ce faire, ils ont travaillé sur un gène qui permet d’augmenter le nombre de cellules souches dans les neurones. 

Wieland Hüttner et Michael Heide de l’Institut Max Planck de Biologie cellulaire, moléculaire, et génétique en Allemagne avec leurs collègues de l’Institut central des animaux expérimentaux et de l’Université Keio au Japon ont basé leur expérience sur le gène ARHGAP11B né d’une mutation du gène ARHGAP11A qui a eu lieu il y a près de 1,5 million d’années.

Les cerveaux de ouistitis fœtaux devenus plus gros que d’habitude.
Heide et al./MPI-CBG

Les scientifiques ont alors procédé à l’implantation de ce gène sur des embryons de ouistitis, et ce sur les 3 à 5 jours qui ont suivi l’ovulation. Après 101 jours, période durant laquelle les embryons ont suffisamment grandi, trois variations majeures ont été constatées en matière de développement cérébral des petits singes. Les deux premières sont liées à une augmentation significative de la taille du néocortex et de nombre de cellules progénératives des neurones.

Plis commençant à se former dans le cerveau d’un fœtus de marmouset âgé de 101 jours, traité avec un gène spécifique à l’être humain
Heide et al./MPI-CBG

Des circonvolutions ont également été remarquées. Il s’agit d’une configuration en plis spécifique à l’être humain. Elle sert à agrandir le cerveau sans dépasser le volume que peut contenir la boîte crânienne. 

Toutefois, pour des raisons éthiques, l’expérimentation a été interrompue et les fœtus retirés par césarienne. Wieland Huttner déclare : « Faire entrer de nouveaux singes influencés par les gènes humains dans le monde franchirait la ligne éthique. Mener à terme la naissance des ouistitis aurait été irresponsable, car on ne connaît pas les changements comportementaux induits par la modification du néocortex ». Le chercheur note cependant que ces travaux sont loin de prétendre que l’intelligence des singes pourrait égaler celle de l’homme…


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