Un minuscule squelette présentant des caractéristiques étranges a été découvert il y a près de 20 ans dans le désert d’Atacama au Chili. Il a donné lieu à de nombreuses rumeurs faisant état d’une prétendue momie extraterrestre à cause d’une anatomie très particulière. 

En plus d’être étonnamment complet, il possède un long crâne se terminant en pointe, de grands orbites et 10 côtes, tandis qu’un squelette humain en détient 12. 

C’est un collectionneur amateur qui a trouvé ce corps momifié recouvert d’un tissu blanc et mesurant un peu plus de 15 cm de long. 

Baptisé Ata, il a longtemps attisé la curiosité des gens, cette dernière étant de surcroît alimentée par des films documentaires, notamment un épisode UFO diffusé en 2013 qui lui a été entièrement consacré.

Ce n’est que le 12 mars que les scientifiques sont parvenus à fournir une explication rationnelle de l’origine de cette prétendue « momie extraterrestre » , bien qu’elle soit particulièrement intrigante. 

L’ADN prélevé des os d’Ata prouve qu’il s’agit bien d’un humain, proche de la population locale chilienne. 

Pour ce qui est de la forme inhabituelle du squelette, elle est justifiée, d’après les experts, par un ensemble de mutations génétiques en rapport avec le développement osseux. 

extraterrestre
Ata/S.Bhattacharya

Considéré comme étant un trouble héréditaire, celui-ci n’avait jusque là jamais été observé chez l’Homme. 

L’étude a débuté en 2012, lorsque l’immunologiste de l’Université de Stanford Garry P. Nolan a entendu parler du reportage dédié à Ata avant même qu’il ne soit réalisé. 

Il a ensuite contacté les producteurs en leur demandant l’autorisation de procéder à des radiographies et de rechercher de l’ADN dans le corps momifié. 

Après avoir obtenu l’accord du propriétaire, l’équipe du Dr Nolan s’est attelée à récolter le maximum de données. Le biologiste informatique et co-auteur de l’étude Atul Butte déclare qu’il a été très facile d’affirmer qu’Ata était humain grâce aux fragments d’ADN récupérés. 

Radiographie d’Ata/Dr Nolan

À partir de là, les spécialistes ont rapidement déterminé son sexe et son ascendance. Ainsi, Ata était une fille appartenant aux Chiliens indigènes avec toutefois des ancêtres européens.

En ce qui concerne la datation du squelette, il n’a pas été possible de la définir avec précision. Le Dr Nolan explique cependant qu’elle a probablement vécu dans les années 1500, peu après la colonisation espagnole. 

Ce qui a frappé l’équipe de chercheurs n’a pas forcément été la tête allongée d’Ata, mais le développement précoce de son ossature alors que sa taille se rapprochait de celle d’un fœtus humain. Leur densité était similaire à celle d’un enfant de 6 ans !

L’expert des maladies osseuses Ralph S. Lachman affirme que les symptômes identifiés n’étaient liés à aucune pathologie connue. 

Quant à la nature du décès, l’hypothèse que le Dr Nolan et ses collègues ont avancée est celle du trouble osseux causé par d’éventuelles mutations encore inconnues.


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