Les fonds marins regorgent de créatures bizarres, que l’Homme n’a toujours pas eu l’occasion de rencontrer. En cause, la profondeur de la mer, et le manque de lumière au fond des océans.

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Cependant, une équipe de chercheurs a pu se rapprocher d’une méduse à la forme étrange, et voici ce qu’ils ont pu constater.

Un spécimen rare qui se fait désirer

Il s’agit de la Deepstaria enigmatica, baptisée par l’explorateur et marin Jacques Cousteau, en référence à son sous-marin le Deepstar 4000. Il a observé ce spécimen pour la première fois en 1960, et ce n’est qu’en 1967 qu’il l’a décrit avec plus de détails.

Cette méduse portait bien son nom, car elle n’est apparue que très rarement au fil des ans, rendant le mystère qui l’entour encore plus grand et passionnant. Tout ce que l’on savait, c’était que cette méduse géante n’avait pas de tentacules comme les autres espèces, et avait une forme qui rappelait celle d’un sac en plastique.

Mais on ne pouvait déterminer son régime alimentaire, ni son mode de vie et de reproduction. Tout ce qu’on savait, c’était qu’elle vivait dans les profondeurs froides et sombres de la Mer.

Le programme d’exploration océanique de la National Oceanic and Atmospheric Administration NOAA, a mis au point un submersible de recherche à la pointe de la technologie baptisé “Hercules”. Il a permis de repérer et observer une rare D.enigmatica au large de l’île de San Benedicto, dans l’Océan Pacifique.

 

Des observations qui nous apprennent beaucoup

En Novembre 2017, une équipe composée de l’ingénieur Brennan Phillips de l’Université de Rhode Island, David Gruber, un biologiste marin et leur collègue ont embarqué pour une exploration au large de l’île mexicaine de San Benedicto.

L’équipe était dotée d’un Canon ME20F-SH ultra-sensible, enfermé dans une sphère en verre poli de 33 cm, afin de protéger l’appareil contre les infiltrations d’eau et la pression des fonds marins. Il a ensuite été installé sur le véhicule d’exploration Hercule, et plongé à plus de 974 mètres de profondeur.

C’est à ce moment qu’ils ont eu la surprise d’apercevoir une D.enigmatica qui est venue d’elle-même se frotter contre le véhicule sous-marin télécommandé (ROV). Gruber a déclaré à National Geographic qu’ils se sont contenté de l’observer et la prendre en photo sans pour autant la capturer.

Ce qu’ils ont pu constater, c’est que l’animal ressemble à un grand sac qui flotte dans l’eau, avec une cloche large à son sommet, et peut s’ouvrir jusqu’à un mètre de diamètre. L’absence de tentacules leur a fait déduire que c’est un prédateur furtif, qui utilise toute sa membrane pour attraper sa proie.

L’appareil photo utilisé était à faible intensité lumineuse (274 lumens), ce qui a permis de filmer l’organisme en détails sans l’effrayer ou le faire fuir. Au contraire, il semblait se complaire à jouer avec le ROV, en se heurtant à sa coque plusieurs fois. Laissant à l’équipe l’occasion d’observer les canaux gastro-vasculaires qui tapissaient sa cloche.

Cette découverte est aujourd’hui possible grâce aux avancées technologiques considérables, surtout en matière d’imagerie sous-marine, déclare l’équipe de recherche. Il est possible de faire des recherches et des observations in situ, qui conduiront à la découverte d’organismes méso-bathypélagiques tels que la Deepstaria grâce à des procédés non invasifs.


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