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Les premiers animaux sur Terre ne ressemblaient pas à ce que l’on croyait


Dans son interminable recherche de savoir et d’apprentissage à travers les âges, l’Homme a toujours accordé une place de choix à l’étude des différentes espèces qui partagent avec lui cette agréable planète qu’on appelle la Terre.

Aujourd’hui encore, il existe un nombre incalculable de recherches sur les organismes qui peuplent ou qui ont peuplé le globe. Mais s’il y a bien un champ d’études qui attise bien des curiosités, c’est l’identification des premières créatures à avoir vécu sur Terre…

Un ancêtre encore mal connu

Nous ne connaissons que peu de choses sur les premiers animaux du monde, mais grâce à leurs restes fossilisés datant de 558 millions d’années, nous pensions qu’il était possible de deviner leur apparence.

Aujourd’hui, plusieurs arguments prouvent que nous avons eu tort à ce propos. Des scientifiques de l’Université nationale australienne (ANU) ont découvert que les fossiles de Dickinsonia ne sont probablement pas des créatures marines plates au corps strié.

En réalité, l’image emblématique de leurs empreintes fossilisées pourrait bien être uniquement leur « squelette », ou plutôt un genre de tissu résilié, car ces créatures ne disposent pas de squelette.

Le principal auteur de cette étude, Ilya Bobrovskiy, biogéochimiste de l’ANU, parle de « corps de Dickinsonia.». Il ajoute que « ce que nous voyons ici, ce sont les bas de Dickinsonia, l’intérieur de son corps ou une partie de son dos. »

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Ilya Bobrovskiy, ANU

La découverte ouvre davantage de possibilités — énormément en fait — sur ce à quoi ces anciennes créatures marines auraient pu ressembler.

Le genre Dickinsonia fait partie d’un étrange groupe d’espèces connues du biote Édiacarien. Dans le passé, on est arrivé à la conclusion que ces fossiles étaient liés d’une part à des algues, protozoaires, lichens, colonies de bactéries et d’autre part à des méduses, coraux, vers ou champignons.

Bobrovskiy et son équipe ont été les premiers à regarder au-delà des apparences. L’année dernière (2018), ils ont prélevé du cholestérol des restes analysés. Cette molécule de graisse considérée comme caractéristique de la vie animale est une preuve encore plus éclatante que Dickinsonia est bien le premier ancêtre de l’animal…

La fonte des glaces comme indicateur

Aujourd’hui, il se pourrait que leurs nouvelles recherches leur permettent d’aller encore plus loin. En examinant les propriétés physiques des sédiments calcaires, le groupe d’Ilya a pu déterminer pour la première fois comment ces fossiles sont restés aussi bien préservés pendant des milliards d’années. Ce mystère intrigue les chercheurs depuis la découverte des fossiles. Toutefois, même si Dickinsonia n’avait pas de squelette ou de coquille dure, il s’avère qu’elle avait différents types de tissus, dont certains sont plus difficiles à dégrader.

Pour se faire une idée de l’origine de cette empreinte, l’équipe s’est intéressée à la fonte des glaces. En utilisant de la glace provenant d’un moule de forme sphérique (semblable à l’étoile noire dans Star Wars), les chercheurs ont reproduit ce qui arriverait à un organisme, constitué de différents types de tissus, qui se dégraderait lentement.

 

 

Le sommet de la glace de « l’étoile noire » était fait de glace plus solide et plus durable ; une feuille de carton ondulé a été placée au milieu pour représenter le tissu le plus résistant.

« Lorsque la glace a fondu, elle a été remplacée par des sédiments venant d’en bas, créant une impression d’hyporelief négatif », précisent les spécialistes.

Ainsi, au moment où le modèle commençait à se décomposer, les sédiments les plus doux l’entourant ont progressivement comblé les lacunes, créant une fonte des restes de carton.

L’idée que Dickinsonia possédait plusieurs types de tissus, dont certains se dégradent plus lentement que d’autres, suggère que ces créatures étaient bien plus complexes que nous le pensions, ajoutant encore plus de preuves à l’idée qu’il s’agissait du plus ancien animal connu du monde.