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Les geckos ont développé une nouvelle manière pour défier les lois de la physique


Les scientifiques et amoureux de la technologie le savent depuis bien longtemps : les meilleures inventions trouvent leur origine dans le monde vivant enrichi par les créatures les plus incroyables. Personne n’aurait pensé à voler ni à nager s’il n’existait pas une infinité d’espèces qui inspirent ces pratiques. Il en va de même pour divers autres aspects tels que la chasse, l’art du camouflage et plus récemment, la robotique.

Les reptiles font partie de ces animaux qui ont beaucoup fasciné. Le cas des dinosaures fait encore parler de lui dans la communauté scientifique. Bien qu’ils soient certes très emblématiques, il existe des espèces plus discrètes, mais tout aussi impressionnantes…

Une habileté extraordinaire

Les geckos sont des lézards qui peuvent à la fois être vénérés ou détestés, suivant le pays et la culture au sein de laquelle ils évoluent. Quoi qu’il en soit, personne ne peut nier leurs capacités hallucinantes qui les aident à ramper sur les surfaces les plus compliquées et même à se tenir à l’envers.

Si ce phénomène est plutôt connu, le fait que les geckos puissent courir sur l’eau l’est nettement moins. L’ingéniosité dont ils font preuve pour grimper les murs a été justifiée par la présence des setae et des sétules sur leurs pattes qui leur permettent cette adhésion spectaculaire.

Cependant, la récente recherche menée par Jasmine Nirody, doctorante en biophysique à l’Université d’Oxford, a rendu possible une meilleure compréhension de l’implication de l’anatomie du petit animal dans un milieu aquatique.

Cette compétence n’est en soi pas si unique. Des espèces plus ou moins imposantes que le gecko arrivent également à se frayer un chemin sur l’eau de la manière la plus majestueuse : le gerris, une sorte de punaises d’eau, arrive à tirer avantage de la tension superficielle de l’eau pour se mouvoir. Le grèbe huppé, clairement plus corpulent, se sert de la force générée par les battements rapides de ses pattes pour créer une « poche d’air » qui le maintient à la surface avec l’aide de la poussée d’Archimède.

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Yintan, Wikipedia Commons

Un fabuleux savoir-faire

Cette étude a été réalisée dans le but d’affiner ces explications, en mettant en évidence les principales similarités et différences entre les mécanismes mis en jeu par les geckos et ceux élaborés par le fameux Lézard Jésus-Christ (aussi appelé le Basilic à plumes), lui-même expert de la pratique. Suite à divers calculs, expériences et analyses, il a finalement été établi que le gecko a réussi à développer une technique complexe pour se déplacer sur l’eau bien plus rapidement qu’il ne le ferait à la nage.

La première conclusion était que contrairement au Basilic à plumes, le gecko utilisait, partiellement, la tension superficielle de l’eau. En effet, lorsque les chercheurs ont ajouté du détergent à l’eau testée, la vitesse des geckos et leur « envergure » ont baissé de moitié. Aussi, il a été prouvé que les petits reptiles utilisent une combinaison de forces hydrostatiques et hydrodynamiques pour développer un système qui leur permet de planer.

Le dernier point est peut-être le plus intéressant. Les spécialistes se sont rapidement rendu compte que malgré tout ce processus astucieux, l’animal ne pouvait pas avoir autant de facilité à garder sa tête en dehors de l’eau. C’est là que l’utilité de sa queue entre en considération.

En vrai, le gecko utilise le même fonctionnement employé par le crocodile, à savoir s’appliquer à faire des mouvements ondulatoires pour se propulser en avant sans se noyer. Cette machinerie surprenante lui sert à sauter, à éviter des obstacles et des prédateurs et même à jouer le rôle de modèle pour un des projets de biomimétisme.