Décidément, la planète doit affronter les pires conditions environnementales jamais connues, comme effet du bouleversement climatique qui affecte toutes les espèces vivantes sans exception. Pour survivre, celles-ci ont choisi de s’adapter du mieux possible à la nouvelle situation. C’est ce qui explique le changement de couleur des fleurs à travers le monde. Ce phénomène n’est cependant pas sans conséquence, notamment pour leur reproductivité.

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À cause du réchauffement atmosphérique et de l’élargissement de la couche d’ozone, les fleurs ont apporté quelques modifications aux pigments ultraviolets de leurs pétales, selon une étude publiée dans la revue Current Biology, et menée par l’Université Clemson.

Les scientifiques en sont arrivés à cette conclusion après avoir analysé 1200 échantillons de plantes conservées, soit 42 espèces recueillies dans les quatre coins du monde entre 1941 et 2017. Les caméras spéciales UV ont montré une hausse de 2 % des niveaux de pigmentation UV des pétales des fleurs, durant le siècle dernier.

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Les chercheurs renvoient cela à la chaleur et à l’amoindrissement de l’ozone. Ce gaz étant destiné à protéger la Terre contre les rayons du soleil est en constante diminution depuis une cinquantaine d’années, laissant un peu notre écosystème sans défense. Résultat, les plantes sont endommagées par l’excès de lumière UV.

Deux espèces de fleurs (A-C et D-F) montrent la variation de la pigmentation florale UV. Les zones plus foncées indiquent des composés absorbant les UV plus élevés. Koski et al., 2020, Current Biology

Bien entendu, ces pigments et d’autres encore sont invisibles pour les humains, contrairement aux couleurs normales que nous pouvons admirer sur la plupart des roses. Mais en plus de renvoyer les UV, ils jouent un rôle important dans la pollinisation. Cela explique, par ailleurs, pourquoi ces changements ne sont pas remarquables, d’autant plus qu’ils varient d’une fleur à une autre selon la baisse de l’ozone et la quantité de pollen exposé.

Si cette astuce est plutôt ingénieuse pour s’accommoder des aléas climatiques, les plantes à fleurs pourraient se causer des torts irréparables sur le long terme. L’équilibre entre les pétales absorbant les UV et celles qui les réfléchissent étant complètement déstabilisé, il ne sera plus possible d’attirer les pollinisateurs potentiels, généralement impressionnés par la coloration.

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La biodiversité est plus que jamais en danger, et même si certaines créatures s’accrochent encore à la vie, rien ne nous dit qu’elles pourront le faire encore très longtemps.


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