Dominant une large partie de notre quotidien, nous ne pouvons nier que le COVID-19 impose de nouvelles habitudes quant à notre comportement en société. Limiter la propagation du dernier coronavirus est maintenant l’un des objectifs principaux des autorités mondiales, en attendant le développement d’un antidote.

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Parmi les mesures de précautions recommandées, maintenir une distance interindividuelle d’au moins un mètre. 

Seulement, il semble qu’en dépit de cela, nous sommes toujours exposés à un risque de contamination. Une nouvelle étude révèle que les gouttelettes de salive éjectées lors d’une toux voyagent plus loin que nous ne le pensons.

Un parcours étonnamment long 

Afin de prédire le déplacement des particules propulsées lorsque nous toussons ou éternuons, une équipe de scientifiques de l’Université de Nicosie, à Chypre, a développé une simulation. 

Cette dernière révèle la formation d’un nuage de gaz dense et humide.

Pour une meilleure représentation de la réalité, l’expérience a tenu compte du volume des gouttelettes, l’intensité de la toux, ainsi que sa durée, mais aussi des facteurs extérieurs tels que la vitesse du vent, la température et l’humidité relative.

Les résultats ont dévoilé que les particules parcourent jusqu’à 6 mètres de distance. Durant ce voyage, leur taille et leur concentration diminuent progressivement, ce qui suggère que les personnes les plus exposées sont celles qui se trouvent dans le rayon le plus petit, logiquement. 

En étudiant la trajectoire des corpuscules viraux, les chercheurs ont constaté que ceux-ci pouvaient atteindre différentes hauteurs. Les enfants sont donc tout aussi concernés par la contamination que les adultes.

D’après les données fournies par la simulation précédente, les chercheurs craignent qu’une distance sociale de 2 mètres ne soit pas suffisante pour nous protéger de l’infection.

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James Gathany

Devrait-on changer nos mesures de précaution ? 

Dimitris Drikakis, co-auteur de l’étude, déclare que les risques de contamination sont particulièrement élevés dans les espaces publics, compte tenu de la proximité interindividuelle réduite. 

Le degré et la durée d’exposition au nuage de gouttelettes déterminent certes notre susceptibilité de contracter le virus, mais il est important de comprendre quels scénarios décrivent le mieux cette situation à long terme. 

En effet, les particules de salive changent de forme et de densité en fonction des conditions environnementales. Les personnes atteintes de maladies respiratoires toussent plus violemment, et plus fréquemment, ce qui doit être pris en compte et quantifié. De plus, la variabilité interindividuelle rend difficile la prédiction du dosage et du temps nécessaire à l’infection. 

Le Dr Simon Clarke, professeur de microbiologie cellulaire à l’Université de Reading rappelle que la distance de 2 mètres recommandée n’est pas l’idéale pour notre sécurité, mais plutôt la plus « raisonnable ». Un éloignement de 5 m, 10 m, est encore préférable. 

Les résultats de l’étude ne signifient pas qu’il faudra changer les mesures de protection, mais sensibilisent plutôt les citoyens sur le fait que la toux est le meilleur moyen de propager le virus. Il est donc important de se tenir suffisamment à l’écart.


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