La température moyenne du corps humain a été établie pour la première fois par Carl Reinhold August Wunderlich, au cours du 19e siècle. Le médecin allemand avait alors suggéré que la fièvre n’était pas une maladie, mais simplement un signe d’infection, ce qui a été confirmé par la suite. Il était alors à la tête de l’Hôpital général de Tübingen où il avait exposé son travail.

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Wunderlich s’est en fait chargé d’enrichir les résultats antérieurs de spécialistes français selon lesquelles la température moyenne chez l’être humain était de 36,9 °C et stipulant que celle-ci avait tendance à augmenter lorsque le corps était victime d’inflammations.

Pour ses recherches, il a donc utilisé un thermomètre d’un mètre de long pour prendre la température de plus de 25 000 patients. Ses découvertes, publiées en 1868, ont révélé qu’une personne bien portante devait avoir une température de 37 °C. Nous avons maintenant la certitude que cela peut varier selon les différents moments de la journée, mais aussi selon le sexe.

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Mais ce qui intrigue les scientifiques depuis quelque temps, c’est que ce chiffre est en baisse continue. En effet, d’après une recherche ayant porté sur plus de 250 000 mesures de 35 000 patients britanniques en 2017, la température buccale moyenne est de 36,6 °C. Ces conclusions ont été appuyées cette année par une autre étude qui a révélé une chute de la température corporelle moyenne des Américains de 0,02 °C dans les années 1870.

Public Domain/Needpix

Une récente enquête rapportée par Science Advances a, quant à elle, montré que la température moyenne du peuple de Tsimane connaissait une diminution assez rapide, allant jusqu’à 0,05 °C chaque année depuis le début des tests organisés pour le besoin du projet Tsimane Health and Life History en 2001. Cette population indigène de butineurs-horticulteurs de l’Amazonie bolivienne pourtant en très bonne santé, a été sujette, en une vingtaine d’années, au même phénomène qui s’était opéré en deux siècles, aux États-Unis. C’est ce qu’ont révélé les dossiers médicaux de 5500 patients datant de 2002 à 2018.

Pour le professeur en Anthropologie, Michael Gurven, de l’UC Santa Barbara, la cause de la baisse de température moyenne à travers le monde est attribuée à l’amélioration de la qualité de la prise en charge sanitaire qui a considérablement réduit le taux d’infection. Même si cela ne peut constituer à lui seul une explication plausible à ce changement.

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La baisse pourrait alternativement être le résultat du fait que notre corps ne fournit plus autant d’efforts qu’autrefois pour réguler sa température interne, et cela grâce aux commodités de la vie moderne. Les spécialistes n’ont pas encore déterminé avec précision la véritable origine de cette baisse et estiment que cela pourrait être une combinaison de tous les facteurs réunis.  espèrent, entre autres, que leurs résultats leur permettront de mieux comprendre l’évolution de  la santé, ainsi que l’espérance de vie de la population mondiale.


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