Connue pour ses propriétés ultrarésistantes, la soie d’araignée a longtemps intrigué la communauté scientifique : la question qui se pose alors est de savoir comment un matériau naturel si léger et souple à la fois peut-il être aussi robuste ?

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En effet, il faut savoir qu’il a déjà été prouvé par le passé qu’elle est au moins 5 fois plus tenace que l’acier et jusqu’à 3 fois plus solide que le Kevlar, la matière avec laquelle sont faits les gilets pare-balles.

Tandis que le mystère planait au-dessus de nos têtes depuis des siècles, des chercheurs américains ont enfin réussi à le percer…

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Une découverte attendue depuis longtemps

Menée par une équipe de scientifiques de l’Université de Virginie, une étude a permis de comprendre comment la soie de certains arachnides se veut aussi forte.

Pour cela, ils ont analysé minutieusement la fibre naturelle produite par Loxosceles Reclusa, une espèce d’araignée brune originaire d’Amérique du Nord, grâce à un microscope à force atomique très haute résolution.

C’est avec surprise que les auteurs de l’expérience ont remarqué que l’aranéide produit en réalité des milliards de nanofibrilles parfaitement parallèles : « Nous nous attendions à ce que la fibre soit une masse unique, mais nous avons découvert que la soie était en fait une sorte de petit câble », déclare le Professeur et chargé principal de ladite étude Hannes Schniepp.

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Ces nanofibrilles, dont le diamètre est des millions de fois plus petit qu’un cheveu humain, est composé principalement de protéines qui, d’après les experts, est la clé de cette résistance extraordinaire : « Nous pensons que le secret de la soie d’araignée recluse brune provient essentiellement de la nanofibre individuelle » explique M. Schniepp.

En outre, il avait déjà mis en exergue, en 2017, le processus ingénieux par lequel l’espèce Loxosceles Reclusa boucle ses fils entre eux, leur offrant ainsi une robustesse supplémentaire.

Frankieleon, Flickr

Le début d’une nouvelle ère

La reproduction de la soie d’araignée a fait l’objet de nombreuses recherches ces dernières années, mais rares sont celles qui ont abouti : en 2017, l’Armée américaine a passé un contrat d’une valeur de plus de 1 million de dollars avec le laboratoire Kraig Biocraft qui s’est spécialisé dans la fibre à base de soie d’arachnide.

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La même année, des chercheurs anglais ont réussi à mettre au point une soie d’araignée artificielle dotée d’antibiotiques et capable de guérir les blessures : « Notre technique permet la génération rapide de structures en soie biocompatibles, destinées à une vaste gamme d’applications. Celles-ci seront particulièrement utiles dans les domaines de l’ingénierie tissulaire et de la biomédecine » avait déclaré le Professeur de Chimie médicinale et biologique Neil Thomas de l’Université de Nottingham.

Mais maintenant que nous savons précisément comment ces aranéides procèdent, il va sans dire que nous pouvons nous attendre à un progrès certain du biomimétisme dans un avenir proche : « Comprendre les propriétés de la soie brune recluse au niveau moléculaire fournit non seulement des informations sur l’un des matériaux les plus robustes de la nature, mais peut également constituer une voie pour la conception d’autres matériaux synthétiques » conclut le M. Schniepp.


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