Les fans de bandes dessinées ont certainement découvert XKCD, qui met en scène l’impulsion sismique inexpliquée observée voilà plusieurs décennies à un intervalle de 26 secondes environ. Les scientifiques sont toujours incapables d’identifier avec précision l’origine de ce pouls pour le moins étrange et à peine perceptible qui secoue la Terre depuis quelque temps déjà. Pourtant ce ne sont pas les spéculations qui manquent. Et même si aucune n’a pu s’élever au titre d’affirmation, elles présentent quand même un intérêt capital.

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Les experts n’en savent pas plus 

Pour Jack Oliver, qui avait décrit pour la première fois ce microséisme, à l’aube des années 1960 à l’Observatoire géologique de Lamont-Doherty, celui-ci provenait de l’océan Atlantique sud ou équatorial, étant plus intense lorsque la partie nord entrait en période estivale et que le pôle opposé était plongé dans plusieurs mois d’hiver.

En 1980, le géologue de l’US Geological Survey, Gary Holcombs à apporté de nouvelles données selon lesquelles le phénomène culminait en temps de tempête. Vingt-cinq ans plus tard, Greg Bensen étudiant diplômé, avait réussi à attirer l’attention de Mike Ritzwoller, sismologue à l’Université du Colorado, à Boulder, sur un signal important dont ils ne savaient absolument rien, si ce n’est qu’il était loin d’être anodin.

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Tout ce qu’ils ont pu trouver, c’était que le bip venait du golfe de Guinée, au large de la côte ouest de l’Afrique. L’équipe avait alors publié un rapport à ce sujet en 2006 dans Geophysical Research Letters en se basant également sur les travaux d’Oliver et de Holcombs.

Vue sur la Floride, le golfe du Mexique et l’océan Atlantique. CC BY-NC-ND 2.0, NASA Johnson/Flickr

Les vagues et les volcans comme principaux suspects

Ritzwoller estime pour sa part que ce bruit régulier est dû au réchauffement du soleil centré sur l’équateur plutôt que sur les extrémités, provoquant des vents et des orages ainsi que des vagues océaniques et des courants. Ainsi, l’énergie générée par l’impact d’une vague sur le littoral se propage sur terre. 

Garrett Euler, lui aussi étudiant diplômé, a mené six ans plus tard des expériences dans le laboratoire du sismologue Doug Wiens à l’Université de Washington à Saint-Louis. Selon les résultats, l’impulsion était issue plus exactement de la baie de Bonny probablement entraînée par les vagues qui s’écrasaient sur la côte.

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Wiens explique que celles-ci créent une différence de pression dans l’eau, en traversant le plateau continental, qui déforme le fond de l’océan et produit des vibrations sismiques.

En 2013, Euler a participé à la conférence de la Seismological Society of America, mais ses conclusions n’ont apparemment pas été assez convaincantes. En effet, le Professeur Yingjie Xia de l’Institut de géodésie et de géophysique de Wuhan, en Chine, ainsi que son équipe ont estimé que les vagues ne pouvaient être la source de cette impulsion.

Au lieu de cela, il suggère que ce soient plutôt les volcans. Cette supposition a été induite par le fait que la pression énigmatique soit proche d’un volcan sur l’île de São Tomé dans la baie de Bonny. Si cela est le cas, on pourrait se demander pourquoi les autres volcans à travers la planète n’ont pas le même effet.

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En attendant que d’autres enquêtes nous apportent de véritables réponses, les experts n’en font pas une priorité absolue pour le moment.


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