Nous avons tous entendu au moins une fois dans notre vie le vieil adage qui dit que la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit.

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Bien que ce proverbe soit une métaphore qui n’a absolument rien à voir avec la météorologie, il s’avère que d’un point de vue purement scientifique, il n’est on ne peut plus faux.

Non seulement le tonnerre peut tout à fait s’abattre deux, trois ou mille fois sur un même lieu, mais en plus cela arrive beaucoup plus fréquemment que nous ne pouvons penser…

Un phénomène qui n’est plus à prouver aujourd’hui

S’il n’est enregistré en moyenne que 500 000 coups de foudre à travers toute la France chaque année — ce qui amoindrit évidemment les chances qu’un éclair puisse apparaître deux fois au même endroit —, il s’avère qu’il existe un petit lac du nom de Maracaibo, dans le nord-ouest du Venezuela, où on en compte pas moins de 1,2 million.

Considéré à ce jour comme étant l’endroit le plus foudroyé de la planète, avec 232,5 éclairs par kilomètre², le tonnerre y éclate plus de 160 jours par an, parfois durant plus de 10 heures d’affilée, alors qu’il ne mesure que 159 km de longueur.

Compte tenu de ces données, il semble logique que la foudre n’ait pas d’autre choix que de s’abattre plusieurs fois en un même point…

Cependant, le fait que deux fulgurations puissent suivre exactement la même trajectoire et éclater au même endroit à quelques secondes d’intervalle n’est pas visible uniquement au Venezuela.

A vrai dire, c’est même un phénomène extrêmement courant qui a eu lieu plus d’une fois au-dessus de nos têtes sans même que nous le sachions, car souvent invisible à l’œil nu.

Nous savons que la foudre n’est autre qu’une violente décharge qui se produit lorsqu’un groupe de nuages et la Terre ont des charges électriques opposées (les nuages étant chargés négativement lors d’un orage).

Par contre, ce que les chercheurs n’arrivaient toujours pas à expliquer jusqu’à très récemment, c’est pourquoi deux éclairs peuvent se suivre alors que le premier est censé décharger l’air de son électricité ?

Ruzhugo27/Wikipedia Commons

Un constat confirmé par de nombreuses études scientifiques

Menée par un groupe de physiciens de l’Université de Groningue, aux Pays-Bas, une étude a enfin permis de percer à jour ce grand mystère.

Grâce à LOFAR, un vaste réseau de télescopes connectés à un ordinateur, ils ont réussi à analyser les ondes émises par les fulgurations.

Mieux encore, « l’utilisation des ondes radio nous permet de regarder à l’intérieur du nuage d’orage où se trouve la plupart des éclairs » a déclaré le Docteur en Physique et auteur principal de ladite étude Brian Hare.

Ainsi, les chercheurs ont découvert que les charges négatives qui se trouvent au cœur des nuages responsables des orages ne se déchargent pas en une seule fois.

En fait, ces mêmes nuages possèdent des « poches de charges électriques » qui se vident petit à petit et qui suivent parfois une même trajectoire.

« Les charges négatives à l’intérieur d’un nuage d’orage ne sont pas drainées en un éclair, mais sont en partie stockées parallèlement aux interruptions du canal principal de la foudre », explique le Professeur d’astrophysique Harvey Butcher.

En d’autres termes, après que la foudre ait frappée une première fois, le nuage va se recharger automatiquement en électricité et va avoir tendance à suivre la même voie (ou « canal »), de manière répétée.

Bien qu’il puisse être compliqué de pouvoir s’en apercevoir de ses propres yeux, les images capturées par LOFAR montrent parfaitement bien ce qui se passe réellement dans le ciel au moment d’une fulguration.


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