De par leurs plumages aux couleurs flamboyantes ou de leur incroyable particularité à reproduire des sons et parfois même des phrases complètes du langage humain, le moins que l’on puisse dire à leur sujet, c’est que les perroquets sont des spécimens absolument remarquables.

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Derrière le terme commun de « perroquet » se trouve en fait une multitude d’espèces d’oiseaux (précisément de type psittaciforme) répertoriées à travers le monde.

Et voici qu’une toute nouvelle trouvaille, baptisée « Heracles inexpectatus », vient s’ajouter à la collection, quoique visiblement déjà éteinte ; Hercule aurait vécu il y a environ 20 millions d’années dans ce que l’on appelle aujourd’hui la Nouvelle-Zélande.

L’originalité de cette espèce réside dans sa corpulence « herculéenne » puisque celle-ci pouvait mesurer jusqu’à 1 m de long et pesait dans les 7 kg. Ce qui en fait le perroquet le plus grand au monde (beaucoup plus grand que son cousin des temps modernes, le kākāpō). De plus et sans surprise, il était probablement incapable de voler compte tenu de son poids.

Les oiseaux de Nouvelle-Zélande ont longtemps été considérés comme uniques en leur genre ; plutôt que les mammifères, ce sont eux qui ont dominé le pays. Ils comprenaient un nombre inhabituellement élevé d’espèces incapables de voler, souvent très grandes, et dont la plupart ne se trouvaient nulle part ailleurs.

Le kākāpō en est un parfait exemple. Devenu célèbre en 2009 après sa rencontre avec le zoologiste Mark Carwardine — durant le tournage du documentaire Last Chance to See de la BBC avec l’acteur britannique Stephen Fry —, qui avait fait sensation sur YouTube à l’époque.

Bien que grandement menacé, le kākāpō est aujourd’hui le plus grand perroquet vivant sur la planète. C’est aussi le dernier membre de sa famille, « Strigopidae ». Tout comme les Kea et les Kākā alpins dits « effrontés », les Kākāpō représentent un groupe qui s’est séparé de tous les autres perroquets relativement tôt au cours de son évolution. Mais l’histoire évolutive exacte de ces espèces reste insaisissable.

Dr Brian Choo/Flinders University

Mais c’est alors qu’une équipe internationale de paléontologues — dont les travaux ont été publiés le 7 août 2019 dans la revue scientifique Biology Letters — a apporté des éclaircissements sur la question.

Ces scientifiques s’étaient fondés sur l’étude des os d’une patte, retrouvés en 2008. À l’époque, personne ne savait vraiment à quoi correspondait cette trouvaille, restée onze ans durant à prendre la poussière sur une étagère avant que des chercheurs ne s’y intéressent à nouveau cette année.

« L’idée qu’il puisse s’agir d’un perroquet géant ne nous avait pas effleurée », a expliqué à l’AFP Paul Scofield, conservateur en chef au Musée de Canterbury. « Nous pensions à une sorte d’aigle, jusqu’à ce que nous les examinions ».

Biology Letters

Ainsi naquit « Heracles inexpectatus ». La première partie de son nom étant dérivée de la mythologie grecque, et la seconde étant liée à la nature totalement inattendue de la découverte d’un perroquet géant.

Si l’on prend les grands perroquets néo-zélandais, Kea et Kākā, comme appartenant au genre Nestor, tout en sachant que le héros mythique de la Grèce antique « Héraclès » (appelé Hercule en latin), a mis fin à la vie de Nélée et ses fils, à l’exception de Nestor. Il est alors tout à fait approprié que ce perroquet géant, un ancien prédécesseur de Nestor, reçoive le nom d’Hercule.

Ayant bel et bien existé, une autre question se pose : quel a été son mode de vie ? De quoi se nourrissait-il ? Aurait-il pu goûter à la viande, comme le Kea le fait encore (avec une liste de proies allant des poussins de pétrels jusqu’aux moutons) ?

Sauf qu’en Nouvelle-Zélande, il y a 20 millions d’années, il n’y avait pas encore de moutons ni de grands mammifères. Comme la plupart des perroquets, Hercule se serait donc probablement contenté d’un régime à base de plantes. Qui plus est, grâce à sa taille, aucun fruit n’était trop gros ni assez dur pour lui résister.

La preuve botanique étant qu’il vivait dans une forêt subtropicale riche et diversifiée, où prospéraient cycas, palmiers, casuarinas et jusqu’à 60 espèces de lauriers. Bien qu’il aurait éventuellement grignoté à certaines occasions du Moa, comme ce fût le cas du Kea plus tard après, lorsque ses victimes s’embourbaient dans des marécages.


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