Beaucoup d’animaux sont aujourd’hui menacés de disparition, et cela risque d’avoir de graves conséquences sur notre écosystème et sur notre propre existence en tant qu’humains. De nombreuses organisations s’associent pour la sauvegarde de ces créatures, chacune par les moyens dont elle dispose.

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Pour leur part, pariant sur l’incompatibilité sexuelle de deux espèces venant de deux continents entièrement différents, les scientifiques ont voulu tester, en laboratoire, un processus de reproduction asexuée. Ce qu’ils ont obtenu était, à tout point de vue, très inhabituel…

Un accident aux effets inattendus

En effet, des chercheurs hongrois ont mis le sperme d’un paddlefish américain (Polyodon spathula) à proximité d’œufs d’un esturgeon russe en voie d’extinction, pour tenter de les faire procréer, sans que l’ADN soit transféré.

Le processus de gynogenèse, utilisé dans cette expérience, unique en son genre, a surpassé toutes les attentes. Non seulement la reproduction a été un succès, mais en plus l’ADN a été introduit dans la nouvelle variété de poisson appelée « sturddlefish ».

Il s’agit d’une combinaison hors du commun de deux poissons complètements étrangers l’un pour l’autre et dont la rencontre n’aurait jamais pu avoir lieu, dans des conditions normales.

Kaldy et al., Genes, 2020

Nous avons, d’un côté, les esturgeons russes jamais retrouvés aux États-Unis, vivant en Europe orientale, en Serbie, et au Moyen-Orient, où ils pêchent dans les rivières et les lacs pour manger. De l’autre, il y a le paddlefish américain, avec son long museau dont il se sert pour trouver de la nourriture dans la boue.

Il est inutile de vous décrire l’anomalie du fruit de l’union de ces deux spécimens. Quelques-uns ont hérité de la nageoire et de la figure de leur mère, en plus de la bouche de leur père, alors que d’autres ont plus l’aspect d’un esturgeon.

Pas si différents que cela, en fin de compte

L’étrangeté de ces « enfants miraculés » a surpris l’écologiste aquatique Solomon David, qui a exprimé sa béatitude absolue au New York Times. Il ne croyait pas qu’une telle hybridation fût possible.

Cela dit, les discordances caractérisant ces deux êtres n’excluent pas qu’ils partagent beaucoup de spécificités ; Appelés fossiles vivants, tous les deux n’ont pas connu beaucoup de changements au cours de leur parcours évolutif. De plus, ils sont les descendants d’un ancêtre de l’ère des dinosaures. Ils sont également sans doute stériles et jouissent de la durée de vie de leur géniteur américain. D’ailleurs, il y en a qui vivent encore actuellement.

Research Institute for Fisheries and Aquaculture

Les auteurs de l’étude pensent pouvoir trouver, grâce à ces similitudes, une assez importante correspondance dans les génomes pour pouvoir réaliser une fécondation croisée entre l’esturgeon et le paddlefish, un jour. Cela serait une première dans le domaine de la biologie, d’autant plus qu’aucune opération similaire n’avait abouti auparavant.

Bien entendu, les recherches sont toujours en cours afin de trouver un moyen de perpétuer ces deux familles de poissons, même si la perspective d’autres métissages est, aujourd’hui, écartée.

Le paddlefish et l’esturgeon sont plus que jamais en danger, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature. Le paddlefish chinois a été exterminé et on craint que cela ne soit que le début d’un long déroulement dévastateur.


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