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Des restes d’étranges créatures retrouvées sous la glace d’un lac en Antarctique


Les expéditions scientifiques vers les localités les plus reculées de la Terre ont toujours été une source d’inspiration. Ce n’est pas chose facile de poser ses équipements dans des endroits aussi extrêmes que les deux pôles glacés.

S’attendre à avoir des résultats intéressants rapidement est certainement une illusion, car cela nécessite du temps, une bonne adaptation et surtout une coopération sans faille. Grâce à ces qualités, un projet en Antarctique a récemment révélé une avancée sans précédent, remettant en question d’importantes notions sur les glaciers.

Une exploration exceptionnelle

Le 30 décembre 2018 est une journée mémorable pour l’équipe de la mission SALSA ou Subglacial Antarctic Lakes Scientific Access. Pour la toute première fois, des chercheurs ont réussi à creuser dans une masse de glace profonde de 1084 mètres grâce à une carroitière du Woods Hole Oceanographic Institute.

Un processus long, épuisant et coûteux était nécessaire pour atteindre un lac perdu, le fameux lac sous-glaciaire Mercer enfui à 600 kilomètres du pôle Sud, plongeant de 15 mètres et cartographié depuis l’espace en 2007.

Les objectifs du projet se divisent sur différents axes. Le principal but concerne la biologie des lieux, et c’est justement à ce niveau qu’était la plus grande surprise des scientifiques. Pendant qu’ils s’attendaient à trouver divers microorganismes et des algues photosynthétiques, comme c’était le cas lors de précédentes expéditions au lac Whillans, leur découverte était toute autre.

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SALSA Antarctica, Facebook

« Totalement inattendue. », a déclaré David Harwood, micropaléontologue de l’Université de Nebraska-Lincoln et membre de l’équipe de recherche, dans un communiqué publié dans Nature. La réaction de l’équipe était telle qu’une contamination a de suite été soupçonnée.

Très vite, le chef de la mission John Priscu a demandé l’envoi d’un autre instrument, cette fois assurément stérile, pour valider leur précédente trouvaille. Lorsque la sonde a été remontée pour une seconde fois, leur constatation s’est confirmée : le lac Mercer contenait bien des formes de vie supérieure.

Afin de mieux comprendre la nature des carcasses trouvées, la boue recueillie des profondeurs creusées a été envoyée à Bryon Adams, spécialiste en écologie animale à la McMurdo Ice Station. Après l’avoir étudiée sous le microscope, son rapport était cette fois sans ambigüité…

Une étude ambitieuse

Les restes qui ressemblaient à « une vieille feuille qui est restée au sol pendant une saison » étaient en réalité la coquille et les pattes d’un crustacé, des tardigrades et des champignons, les mêmes espèces qu’il a lui-même analysés, à leur état viable, lors d’autres expéditions vers les Vallées sèches et la chaîne Transatlantique.

En micropaléontologie, lorsqu’il y en a une, il y en a forcément d’autres. D’après son expérience, Adams pense que ces espèces ont vécu dans les montagnes il y a des dizaines de milliers d’années avant d’être emportées vers le lac Mercer après leur trépas et d’y être mélangées aux diatomées âgées d’un million d’années.

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« Ce qui était étonnant dans le lac Mercer, c’est que ce n’est pas super, super vieux. Les spécimens n’ont pas trépassé depuis si longtemps. » s’est-il exprimé.

Cette explication est plutôt décevante pour ceux qui s’attendaient à trouver de la vie dans ce lac isolé et mystérieux. Toutefois, les chercheurs n’excluent pas la possibilité d’y trouver d’autres créatures vivantes et soulignent le fait que les biologistes sont en train de changer l’histoire de l’Antarctique, préalablement écrite par les géologues et les glaciologues.

« L’Antarctique est l’endroit le moins touché par l’homme sur Terre. Il s’agit donc d’un laboratoire extraordinaire qui aide à comprendre la vie et la biodiversité, ainsi que l’histoire glaciaire de notre planète », a déclaré Ross Virginia, Directeur de l’Institut des études arctiques du Dartmouth College au Business Insider.

La prochaine étape de la mission SALSA est de recourir à la datation au Carbone radioactif pour déterminer l’âge des créatures trouvées, et des analyses de leur ADN pourront nous renseigner sur leur origine. Affaire à suivre…